Cameroun – Administration Publique : L’Enam face à son destin

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Au cœur de plusieurs scandales ces dernières années, la prestigieuse école d’administration comme une traînée, se trouve à la croisée des chemins : Entre renaître et disparaître.

À l’Ecole nationale d’administration et de magistrature ( Enam), les années se suivent et se ressemblent. La structure vole de scandale en scandale. Pour toute les fois qu’on rend public les listes des admis au sein de cet établissement public supérieur, la polémique prend corps. Les résultats du concours de cette année 2020/2021 n’ont pas échappé à la règle. « Jamais une école n’a suscité au Cameroun autant de polémique et d’authentiques scandales. Jamais une école n’a d’autant exalté les inégalités sociales, brisé les trajectoires et trahi l’idéal républicain. L’École nationale d’administration et de magistrature ( Enam), puisqu’il s’agit d’elle ( …) » écrivit Georges Alain Boyomo, dans son éditorial du 12 octobre 2020 dans Mutations. Et ce à la suite d’une contestation des résultats par le coordonnateur du « mouvement 10 millions de nordiste» le 06 octobre plutôt. Car pour Gubaï Gatama « des actes pris pour violation des règles de quotas en vigueur dans les recrutements administratifs, les trois régions septentrionales n’ayant obtenu que 17,9% d’admis contre 30%». À t- il déclaré . L’homme de média et acteur de la société civile reproche au Minfopra le non respect de l’équilibre régional et par ricochet les quotas affectés à chaque région dans le recrutement à la fonction publique. Tout comme lui, certains candidats et leaders d’opinions ont décrié le népotisme, la corruption, le clientélisme et le favoritisme observés tout au long du processus de recrutement au sein de cette école.

L’ Enam a pris de l’eau … Quid à son avenir ?

Créé en 1959 à Yaoundé, l’Enam a formé des vagues de dirigeants et cadres de l’administration camerounaise. Au fil des années, cette école a forgé une belle renommée. À la genèse, elle pour mission de former les cadres de l’administration sous l’orbite de la France. C’est donc une école coloniale avec les missions et des objectifs précis. Le temps est passé, le contexte n’étant plus le même, l’Enam a pris de l’eau.« Si dans un pays qui se veut démocratique comme le nôtre, sept régions sur dix se plaignent d’une chose, c’est que cette chose n’est pas bonne pour le pays entier. Si en plus cette chose rende « mauvais »( aux yeux de l’opinion publique), tous les ministres et les directeurs généraux qui la gèrent au fil des ans, ce ne sont pas ces derniers qui sont mauvais, c’est la chose qui est mauvaise » a souligné dans une tribune Dr Joachim Tabi Owono, président national de l’Amec. Comme pour dire que le problème n’est pas les hommes mais l’institution. Elle ne réponds plus aux attentes de l’heure et serait dématérialisée. Car les programmes de formation ne s’arriment pas à la gouvernance publique responsable selon certains experts. Il faut donc impérativement une refonte profonde de cette prestigieuse : « l’impératif de la réforme de l’État et de ses institutions concerne au premier chef de l’Enam.» a affirmé Christian Pendant Ekoka du MRC. Autre chose, la qualité des enseignements au sein de cette école est mise en cause. Notamment à cause de l’inefficacité des produits de l’Enam . À défaut de fermer boutique comme l’appelle de tous ses vœux certains politiciens « Il faut fermer cette fabrique de reproduction de l’élite gouvernante» a laissé entendre l’hon. Brice Nintcheu du SDF. Pour beaucoup d’acteurs, tant politique que de la société civile, l’Enam a failli. Pour preuve il faut questionner la morale de ses produits. Nombreux sont détenus et cités dans les affaires de corruption. Ce sont les premiers clients de l’opération épervier. Faisant échec aux multiples programmes de développement du pays. Il est donc urgent, voir même impératif de réformer cette école. Puisqu’elle ne sert plus l’intérêt général, mais une minorité. S’il faut continuer dans cette spirale, l’on est tout près d’une grogne sociale. En tout état de cause, le changement est le médicament à lui apporter, au cas contraire c’est sa mort qui s’annonce.

Source ( Journal Température)

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