Cameroun – AG de la Sonacam : Ce que Bidoung Mkpatt vient de dire aux artistes

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Votre organisme dispose désormais d’une boussole qui oriente son fonctionnement et indique les droits et les obligations de ses membres. Ces textes fondamentaux reflètent la volonté générale exprimée par les artistes de redynamiser la SONACAM dont l’inertie, aggravée par la défiance permanente de ses dirigeants et l’opacité de sa gestion, transformaient sans cesse indubitablement l’espoir légitime des artistes en doute, angoisse et révolte. Des dérives et abus dans son fonctionnement ont démontré à suffisance l’incapacité des artistes à prendre en main leur propre destin. A cause de la récurrence des forfaits absurdes souvent constatés, des observateurs avisés et des administrateurs chevronnés ont confirmé certains préjugés qui progressivement s’incrustent dans les mœurs au Cameroun. En effet, les artistes désormais sont considérés comme des talentueux créateurs dans les différentes disciplines des Arts et de la Culture. Mais ils demeurent dans leur majorité des citoyens peu rigoureux, irrespectueux de l’éthique et de la déontologie en matière de gestion publique.

Pourtant, le contexte est demeuré favorable à l’éclosion de l’Art musical, comme ne cessent de l’indiquer les Très Hautes Attentions successives du Chef de l’Etat en faveur de la culture en général.

D’abord, le 20 juillet dernier, le Chef de l’Etat a promulgué la loi 2020/011 qui régit les associations artistiques et culturelles au Cameroun. Cette loi ouvre la voie à la Structuration dont la dynamique horizontale vise à regrouper les artistes par discipline artistique. Et dont l’orientation verticale a vocation à mettre en place une organisation territoriale, disciplinaire et managériale des artistes, dans la perspective des Compagnies à l’échelle communale, des Unions à l’échelle départementale, des Guildes à dimension régionale et des Fédérations au niveau national.

Dans ce même sillage, le Président de la République, Chef de l’Etat, vient d’accorder, à titre exceptionnel, 65 distinctions honorifiques aux artistes parmi lesquels ceux de l’Art Musical. Ces distinctions honorifiques réaffirment la reconnaissance par la nation, des efforts exceptionnels de travail et du génie de ses citoyens les plus valeureux. Mais aussi consacre au plus haut niveau de l’Etat, leur mérite. En effet, c’est le Représentant Personnel du Chef de l’Etat, à l’occurrence le Premier Ministre, Chef du Gouvernement qui a remis à titre exceptionnel, lesdites distinctions honorifiques aux dignes membres de la grande famille artistique et culturelle de notre pays.

Plus récemment encore, la Stratégie Nationale de Développement pour la période 2020-2030, restitue à la culture, sa place de choix et l’érige au rang privilégié de pilier de la transformation structurelle de l’économie, grâce à sa migration dans le secteur des industries et des services. Il s’agit d’une opportunité qui ouvre de nouveaux horizons pour la culture, désormais appelée à contribuer à la création de la richesse nationale, à la croissance et à l’emploi. L’Art musical est concerné au premier chef par cette mue qu’il doit opérer vers son industrialisation, elle-même vectrice d’attractivité pour notre pays d’une part, et d’autre part pourvoyeuse d’emplois à travers le développement des industries culturelles.

Toutes ces hautes marques d’attention du Chef de l’Etat constituent des interpellations à l’endroit des acteurs culturels en général. La mise à profit de toutes les opportunités auxquelles donnent droit les actes du Chef de l’Etat, exige que les artistes prennent la pleine mesure des enjeux, peaufinent des stratégies les plus adaptées et s’engagent résolument dans l’exploration de nouveaux horizons, afin que les acteurs culturels sortent définitivement du stade de l’accommodation dans la précarité et des comportements vulgaires pour toujours tendre vers l’excellence.

Un tel challenge ne peut être relevé que si les artistes restent concentrés sur l’essentiel, en taisant leurs querelles insolites, leurs rivalités excentriques, leurs critiques stériles et destructrices, leurs contestations intempestives, leurs propensions à revendiquer tout ou à s’opposer à tout, leur défiance permanente à l’égard de ceux qui les encadre et les accompagne. Leur condescendance absurde, leur recherche obsessionnelle du sensationnalisme, des buzz dans les réseaux sociaux, leur hypocrisie pernicieuse, leur duplicité cynique, la gestion empirique et calamiteuse de leur corporation pour ne citer que ces quelques tares. L’adversité de la conjoncture qui éprouve le Cameroun depuis quelques années est exacerbée par les calamités successives que sont : la crise sécuritaire, économique, morale, sanitaire avec la pandémie COVID-19 et j’en passe… Cette difficile conjoncture pour être surmontée interpelle tous les artistes pour que grâce à leur solidarité, leur créativité, bref leurs potentialités exceptionnelles, ils opèrent le sursaut patriotique leur permettant de se surpasser, de mutualiser leur créativité dans l’effort de travail en vue de développer les activités de résilience à travers lesquelles, ils assureront le rayonnement et la permanence de la Culture au Cameroun. Cette Culture qui réaffirme la vitalité de l’identité culturelle nationale qui également dans notre pays comme l’a précisé Son Excellence Paul BIYA, Président de la République, Chef de l’Etat, dans son ouvrage pour le libéralisme communautaire, je le cite : « la culture est le ciment de l’unité des camerounais » fin de citation.

La nouvelle donne culturelle interpelle sans distinction tous les artistes à devenir des acteurs et des responsables éclairés, inventifs, proactifs, sensibles aux soucis de leurs confrères, ouverts au changement, aux critiques constructives qui s’inspirent des erreurs du passé, capitalisent les opportunités du présent et anticipent sur la prospective. Tel est le portrait catalogué de l’artiste de l’heure, appelé à assurer le plein développement et le rayonnement de la culture camerounaise.

Mesdames et Messieurs, Chers artistes

L’une des dispositions de vos textes fondamentaux prévoit, après l’Assemblée Générale d’adoption des textes, la tenue d’une Assemblée Générale Elective consacrée à la désignation, selon les mécanismes statutaires et règlementaires, des responsables des organes dirigeants des structures de votre organisation.

La présente Assemblée Générale s’inscrit donc dans le sillage de la mise en œuvre des instruments juridiques dont la SONACAM s’est librement dotée le 24 octobre dernier. Elle se tient dans un contexte particulièrement défavorable à l’activité artistique, marqué par la recrudescence des cas de maladies et de décès, aggravée par la pandémie de la COVID-19 dont les effets néfastes sur le secteur artistique en général sont persistants.

Les travaux de ce jour visent à pourvoir aux différents postes du Bureau de la SONACAM, des responsables compétents tels que prévus par les nouveaux statuts. Ces travaux constituent une opération exaltante qui porte les espérances de la famille artistique soucieuse de son épanouissement social par la capitalisation des dividendes nés de l’activité artistique pour assurer la santé, l’encadrement familial, la retraite des artistes-musiciens.

Toutes ces attentes ne peuvent être satisfaites que si en amont les droits des artistes sont préservés avec transparence et redistribués par une structure qui justifie de l’adhésion de tous ses membres et dont le fonctionnement repose sur des règles établies.

Mesdames et messieurs,

C’est ici le lieu de vous rappeler combien exaltante et historique est votre responsabilité, vous qui, au nom de la grande famille musicale camerounaise, avez le privilège de participer à la constitution du Bureau de la SONACAM sous son nouveau format.

D’autre part, en tant que Délégués de vos Régions respectives à cette Assemblée Générale, vous portez par votre choix les espoirs de près de cinq mille (5 000) artistes que compte l’espace musical national, répartis en adhérents, stagiaires, sociétaires et sociétaires Honoraires. Aussi votre choix devra-t-il être guidé par le seul critère de la pertinence des programmes que vous ont présenté chaque candidat pendant la campagne électorale. Afin que l’intérêt supérieur de l’Art Musical soit préservé aux dépends des considérations égoïstes, claniques et subjectives que l’on a observé par le passé.

Je convoque par conséquent votre sens élevé de responsabilité, d’intégrité, d’objectivité et d’abnégation, qui seul devra orienter votre choix sous-tendu par la recherche permanente du responsable qui met au centre de vos préoccupations et de sa gestion, les difficultés quotidiennes des artistes-musiciens dans leur quête légitime d’un mieux-être. Aussi, les affinités, les lobbies, les prébendes, les promesses fallacieuses, doivent-ils être évacués du champ de vos critères de choix, pour laisser éclore la transparence, qui seule apportera la flamme d’un avenir radieux pour l’Art Musical camerounais.

Pendant la campagne électorale, vous avez été imprégnés des programmes des différents candidats. Vous avez sans doute identifié le plan d’action qui vous semble le plus cohérent. Ecoutez la voix de la raison, de la responsabilité, respectez l’impératif nécessité d’assurer la renaissance de l’Art musical, de lui redonner son rôle noble.

Par ailleurs, les candidats qui se présentent à vous à cette occasion, doivent s’engager à opérer un changement de paradigme, qui trancherait nettement avec les dérives qui ont fait leur lit à la SONACAM : individualisme à outrance, indifférence aux cris de détresse des artistes, arrogance vis-à-vis de la Commission de Contrôle des Organismes de Gestion Collectives. L’inertie traduite par l’absence d’Assemblée Générale ou du Conseil d’Administration et j’en passe… En tout état de cause, la tâche à accomplir est immense et ne s’accommode pas d’amateurisme.

Comme vous pouvez le constater, l’exercice qui vous interpelle ce jour est certes exaltant voire historique, mais il est aussi contraignant parce que se situant au-dessus de toute complaisance.

Pour sa part, le Ministère des Arts et de la Culture, dans son rôle de tutelle, vous assure de son accompagnement institutionnel dans ce processus délicat qui s’inscrit dans le cadre de l’assainissement de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur prescrit en 2014 par le Chef de l’Etat.

Mesdames et Messieurs,

Je forme le vœu que les présents travaux se déroulent dans la sérénité, sous les auspices de votre sens élevé de responsabilité, d’élan patriotique et de l’intérêt général dans la perspective d’un sous-secteur des Arts et de la Culture apaisé et assaini tel que voulu par le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA.

Je déclare ouvert les travaux de l’Assemblée Générale Elective de la SONACAM. Vive le Ministère des Arts et de la Culture, Vive le Cameroun et son illustre Chef, Son Excellence Paul BIYA, Président de la République, Chef de l’Etat.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

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