Cameroun : Analyse sur la prolifération des Fakenews au Cameroun

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Il ne se passe pas de jours sans que des fausses informations ne meublent la toile. Le dernier cas en date est celui de la rumeur annonçant, hier, la mort de Chief Fon Mukete, pourtant encore vivant d’après des sources familiales.

Par Serge Aimé Bikoï

Les fakenews englobent toutes les intox, rumeurs et autres impostures relayées par des internautes. Certes, le fait de colporter des informations approximatives, fallacieuses et non-fondées n’est, en rien, un phénomène nouveau. Mais, les caisses de résonance que constituent les réseaux sociaux (facebook, twitter, Instagram), la dynamique des échanges en ligne permettant à chacun(e) de pouvoir écrire, partager et diffuser une information à l’échelle planétaire confèrent aux fake news une puissance inédite et incommensurable. Derrière cette propagande industrialisée, se dessinent la recherche du scoop, le besoin d’informer et le souci d’être le maître-diffuseur des informations.

Derrière la dynamique de diffusion systématique des fake news, se cachent, dans la même veine, des stratégies politiques, voire criminelles développées par des groupes d’intérêt, partisans ou étatiques, ainsi que des logiques économiques. L’industrie des fake news est, à coup sûr, florissante tant elle permet à des sites d’informations de générer du trafic et des revenus publicitaires phénoménaux. Sans doute, la diffusion de fausses informations est-elle une réalité, mais la façon dont les citoyens, certains professionnels des médias et des activistes les appréhendent demeure un véritable problème.

Nous sommes arrivés à l’ère de la «post-vérité», terminologie empruntée à Matthew d’Ancona, journaliste anglais. La «post-vérité» réfère à une période où l’établissement de la vérité a perdu sa valeur de référence dans le débat public au profit des croyances, des opinions, des émotions et des passions suscitées par les fausses nouvelles. La légitimation des fake news, dans la société camerounaise contemporaine, commence, dès lors, que les consommateurs desdits mensonges sont de mèche avec les diffuseurs, la résonance émotionnelle et culturelle de ces affirmations prenant le pas sur leur exactitude factuelle.

Les fake news deviennent, pour ainsi dire, un instrument de propagande. Leurs pourvoyeurs trouvent des relais dans l’opinion publique constituée autant des professionnels de l’information que des entrepreneurs sociopolitiques. Enclins à relayer tout type de nouvelles -fût-elle vraie ou fausse-, les diffuseurs de fake news valident leur propre système de croyances tandis que les citoyens instrumentalisés contribuent à la croissance du phénomène de la rumeur de par leur incrédibilité, leur irresponsabilité et leur indifférence.

Ce cercle vicieux a pour effet pervers d’aggraver les tensions confortant les individus dans leurs préjugés, leurs stéréotypes ou leur peur. Les fake news participent, enfin, à la méfiance vis-à-vis des sources d’informations plus légitimes incitant un public à contester leur crédibilité et contribuent à alimenter une propension à croire à toute affirmation, qui viendrait s’appuyer sur cette défiance. La conséquence est de nous enfermer dans une sorte de pensée unique et trompeuse sans place pour la pensée critique.

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