Cameroun : Brahim Adam se met dans la peau d’un membre de Boko Haram

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Par L’Œil du Sahel

A travers son ouvrage J’étais Boko Haram paru en 2020 chez Edition de Midi, Brahim Adam offre une poésie fleuve. Par cette poésie, le «moi» simulé rompt avec le silence qui n’a que trop duré. Il rompt avec la bêtise qui le rend complice de tout ce qui se passe autour de lui. Dès la première de couverture, l’éventuel lecteur est captivé par le titre du livre : J’étais boko haram. Instantanément, il pense que l’auteur a été audacieux. Il comprend qu’il s’agit de quelqu’un qui, auparavant, était boko haram mais ne l’est plus.

Au niveau de la première de couverture, l’image est parlante. Il s’agit de l’image d’un homme couvert des ténèbres, levant une arme de guerre. Il est superposé, à cette image de fond, une autre image blanche du même individu. Celui-ci a la tête baissée, regrettant ses actes et faisant son mea culpa. Selon l’auteur, c’est un homme qui a fait du mal et qui se repent. Ici, il s’agit d’un boko haram. En effet, le poète porte la conscience d’un personnage d’autant plus qu’il indique au niveau de l’avant-propos que sa poésie est la poésie de la conscience. Mais de quoi parle véritablement le livre ?

Le livre parle d’un moi qui interpelle toutes les couches de la société et les invite à l’écouter car il n’a jamais parlé. Le moi déclare qu’il parle parce qu’il était boko haram. Il fait entendre qu’il a été témoin du terrorisme et en a été acteur. Il indique que s’il a été boko haram, c’est parce qu’il a été oublié par sa société. C’est parce qu’il n’a pas connu l’école qui pouvait faire de lui un citoyen digne. C’est parce qu’il a souvent dormi affamé alors que les autres ont toujours mangé.

Le moi présenté dans l’ouvrage, invite la société a mené la bataille de la conscience car, quand on est boko haram, on est le fruit de la conscience de boko haram. Le moi rends aussi générique l’expression de boko haram. Aussi est-il boko haram toute personne frustrée qui pose un acte de terrorisme. Le moi pense qu’en luttant contre l’injustice, on lutte contre la violence. Le moi déclare aussi qu’il est patriote et n’oublie pas de dénoncer les tares et les problèmes qu’il rencontre dans sa société. Il parle entre autres de la misère, de la pauvreté, de l’injustice, de la crise des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest

Le moi est par exemple, une conscience qui appelle désormais à la paix et milite pour une société harmonieuse où tout citoyen a une place. Il interpelle la jeunesse, l’invite à la paix à la non-violence. Le moi invite les citoyens camerounais des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à la table de l’Unité. Il indique que le grand avenir n’existe que dans un grand Cameroun. Le moi n’oublie pas l’Afrique. Il pense que l’Afrique doit davantage oser. Il pense que l’Afrique doit inventer le monde. Le moi parle de nous pour nous-mêmes. Le poète Dr Brahim Adam se fait témoin de la société. Lors de la cérémonie de dédicace de son ouvrage le 02 Décembre dernier, il a dit que «le poète ne tombe pas du ciel» ou «le poète ne fuse pas de terre». Il a ajouté que «Quand le poète parle, il parle aux hommes pour un monde meilleur».

Originaire de la région de l’Extrême Nord du Cameroun, Dr Brahim Adam, Il est titulaire d’une thèse de doctorat (Ph. D.) en linguistique, soutenue à l’Université de Ngaoundéré. Il est enseignant-chercheur au Département de Langues, Littératures et Cultures Africaines de l’Université de Maroua.

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