Cameroun – Covid-19 : La prison de Bertoua libère 161 prisonniers

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Dans ce pénitencier, le taux de surpopulation reste inquiétant. Et pour cause, les dispositions de la loi visant le désengorgement des prisons au Cameroun tardent à produire les effets attendus.

Par Essingan

« Merci au président de la République! Que Dieu te bénisse! Nous sommes avec toi», a déclaré Christelle Nyandom à sa sortie de prison à Bertoua le 23 avril dernier. Elle a été libérée après avoir purgé trois ans de prison grâce à l’acte présidentiel du 04 avril 2020. Comme elle, Joseph Tchamba a vu les portes de ce pénitencier s’ouvrir comme dans un rêve. «Je viens de passer 24 ans 04 mois dans cette prison. Ce n’est pas un bon milieu. Il faut beaucoup croire en Dieu pour sortir vivant. Raison pour laquelle je remercie infiniment le président Paul Biya d’avoir pensé à nous». La première vague de bénéficiaires de ces remises et commutations de peines était constituée de 161 ex-détenus qui ont effectivement reçu leur levée d’écrou.

Les 90 autres vont suivre progressivement selon les orientations du décret du chef de l’Etat. «Les 161 ex-détenus libérés ce jour sont composés de 04 femmes, 05 mineurs. Le reste ce sont des hommes dont le plus âgé a 66 ans», a indiqué Jacob Salomon Dioni le régisseur de cette prison. Pour lui, «cette mesure du chef de l’Etat est salutaire dans la mesure où elle nous permet de décongestionner cet univers carcéral». A ce jour, la prison centrale de Bertoua connait un taux de surpopulation qui dépasse 400% très supérieur au ratio d’un encadreur pour 11 détenus. Construite comme la plupart des prisons camerounaises pendant la période coloniale pour une capacité d’accueil de 120 places, les petits aménagements effectués dans cette prison ces dernières années ont augmenté sa capacité d’accueil à 200 places.

Taux de criminalité

«A la prison de Bertoua, la plupart des détenus dorment sur des cartons ou des nattes, faute de lits et de matelas, et en violation flagrante des règles minima de détention», renseigne un ex-pensionnaire. A ce jour, ce pénitencier compte 951 détenus dont 94 mineurs et 19 femmes. D’après nos investigations, cette surpopulation carcérale résulte de plusieurs paramètres parmi lesquels: l’accroissement du taux de criminalité dans la ville de Bertoua et l’arrivée massive des réfugiés centrafricains dans cette région. Les chiffres du Hcr parlent de 180.000 réfugiés vivants à l’Est depuis 2013. La faute également au système judiciaire qui n’a pas toujours intégré l’objectif principal du Code de procédure pénal dont l’application devrait permettre de décongestionner systématiquement les prisons.

Pour Abraham Tchaobe Hoperfuson, coordonateur national de Human Rigthts and Development Agency (Hurda) une Ong basée à Bertoua qui défend les droits de l’Homme, le mal est parfois plus profond. « Dans certaines juridictions, les rapports entre le procureur de la République et le juge d’instruction sont parfois difficile en matière d’exécution des ordonnances et des mandats, ainsi qu’au sujet des détentions provisoires et des mises en liberté.

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