Cameroun – Départ à la Retraite : 10.000 fonctionnaires sauvés par le décret de Paul Biya

0
346

Ils jubilent et bénissent le président de la République qui vient de réaliser la promesse qu’il leur a faite le 06 novembre 2018, alors qu’il prêtait serment devant la représentation nationale pour un nouveau mandat de sept ans à la tête du Cameroun.

Par Essingan

Le 30 décembre dernier, le président de la République, Paul Biya, a décidé d’harmoniser l’âge de la retraite pour les personnels et agents de  l’Etat. «Il s’agit d’une mesure salutaire et très forte qui a été prise par le président de la République. De manière simple, il a voulu mettre un terme à une sorte d’iniquité dans la gestion des agents publics où nous avions une fonction publique à plusieurs vitesses avec des conditions d’entrée quasi identiques, alors que celles de sortie ne l’étaient pas. Ce qu’il faut retenir c’est que, les agents d’encadrement supérieur des catégories A et B et de la 8e à la 12e iront à 60 ans et les personnels d’exécution courante et de grande subordination des catégories C et D et de la 7e à la 1ère catégorie iront à 55ans», a déclaré le directeur de la gestion des carrières au ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Hervé Brice Dikoumé Batindi, le 04

janvier 2021.

Pour le haut fonctionnaire, cette décision du chef de l’Etat vise «la performance en même temps qu’elle est une mesure économique. La performance parce que l’administration publique se séparait de ses personnels au moment où ceux-ci étaient au firmament de leur expérience et de leurs compétences». A cet effet, Hervé Brice Dikoumé Batindi affirme que «ceux qui allaient en retraite à 55 ans étaient absorbés, soit par des sociétés ou des entreprises privées ou parapubliques, ou alors revenaient comme consultants pour des prestations au sein de l’administration. Ce qui coûtait plus cher parce qu’il fallait payer ces prestations à leur juste prix». D’après des sources au Minfopra, ils sont 10 mille sauvés des eaux de la retraite. Raison pour laquelle, ils saluent avec emphase le texte présidentiel qu’ils disent avoir été rendu public au bon moment.

Cotisations

L’autre fait économique dans l’harmonisation des départs à la retraite des personnels relevant de la fonction publique est aussi la rallonge de la période de cotisation des personnels actifs, qu’il faut le souligner, cotisent pour ceux déjà en retraite. Cette question était déjà posée il y a quatre ans par les syndicats des personnels de la Fonction publique. Conformément au statut spécial de la Fonction publique, les fonctionnaires des catégories C et D allaient à la retraite à 50 ans, ceux des catégories A et B à 55 ans, sauf dérogation spéciale. Quant aux personnels non fonctionnaires, ils allaient à la retraite à 50, pour les décisionnaires (jusqu’à la 6e catégorie), 55 ans pour les contractuels de la 7e à la 9e catégorie, et à 55 ans pour les cadres contractuels. Lorsque le statut était appliqué à tous, le problème ne se posait pas.

Seulement, on assiste depuis quelque temps à une multiplication de statuts spéciaux. Avec pour dénominateur commun, un départ à la retraite plus long que celui prévu par le statut général de la Fonction publique. A titre d’illustration, les enseignants du secondaire vont à la retraite à 60 ans au lieu de 55 ans, ceux du supérieur à 60 ans pour les chargés de cours, 65 ans pour les maîtres de conférences et les professeurs. L’un des arguments qui avait prévalu au moment de la confection d’un statut spécial pour les enseignants du secondaire était qu’il fallait susciter des vocations afin de combler le déficit en éducateurs dans les lycées et collèges. En principe, finies les rallonges dont bénéficiaient certains fonctionnaires, contrairement à leurs promotionnaires, et autres qui ne bénéficiaient pas de certains privilèges décisionnels.

Deux décrets, dont l’un du président de la République et l’autre du Premier Ministre ont augmenté de 5 ans, le nombre d’années de travail que feront désormais les fonctionnaires et travailleurs de l’administration publique centrale au Cameroun. «L’âge de départ à la retraite des fonctionnaires est, à compter du 1 er janvier 2021, harmonisé à soixante (60) ans pour le personnel des catégories A et B et à cinquante-cinq (55) ans pour le personnel des catégories C et D», peut-on lire du texte présidentiel qui est d’application immédiate. Les deux documents parlent d’une harmonisation de l’âge des départs à la retraite des fonctionnaires, mais il s’agit davantage d’une augmentation simple du nombre d’années de travail des personnes visées par ces deux mesures.

Aussi, cette augmentation du nombre d’année de travail ne concerne pas tous les employés de l’administration publique. Le texte signé par le président fait référence à une modification du statut général de la fonction publique. Ce statut ne concerne pas les personnels recrutés et gérés directement par l’Assemblée Nationale, les agents des collectivités publiques locales, des organismes parapublics et des établissements publics à caractère administratif, culturel, scientifique, industriel et commercial n’ayant pas la qualité de fonctionnaire. Ni les auxiliaires de l’Administration, les magistrats, les militaires, et les fonctionnaires de la Sûreté nationale et de l’Administration pénitentiaire, dont les carrières sont régies par des textes. Les deux décrets ne règlent toutefois qu’une partie du problème.

En effet, le mode de calcul des pensions n’a pas beaucoup changé depuis des années. Cotiser davantage en travaillant plus d’années ne devrait pas leur permettre de beaucoup mieux vivre. Pour cela, les fonctionnaires nourrissent aussi le rêve de voir pour bientôt, une revalorisation de leur situation salariale.

Urgent !

SVP Suivez l’actualité du Cameroun en Insyallant sur votre Téléphone l’Application CamerPress en cliquant sur ce lien :

https://play.google.com/store/apps/details?id=com.camerpress.app

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici