Cameroun : Encore une rentrée scolaire sans livre

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Par Essingan

C’est une question de survie nationale, le livre doit être disponible partout sur l’ensemble du territoire», soutient le secrétaire permanent du Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques (Cnamsmd), Marcelin Vounda Etoa. Et pourtant, vendredi, 02 octobre, au cours d’une descente dans les locaux du groupe Edicef

au Cameroun, si les présentoirs avaient des échantillons d’ouvrages, les entrepôts étaient totalement vides. On comprend donc pourquoi, une partie du marché du livre scolaire n’est pas approvisionnée. En tout cas, comme les années antérieures, la survie exprimée par Marcelin Vounda Etoa, s’est transformée en un malaise d’une ampleur nationale.

A chaque ouverture de l’année scolaire comme c’est le cas ce lundi 05 octobre, le manuel scolaire fait l’objet de nombreuses spéculations. Soumis à l’homologation, ses prix augmentent et surenchérissent au mépris des prix officiels du fait de sa rareté dans les librairies, principaux espaces de ravitaillement des familles. Considérées comme telles, leur niveau d’approvisionnement fait débat. Les librairies abordées disent que l’approvisionnement du marché est fonction de la publication tôt ou tardive des listes du manuel scolaire par les autorités. «J’ai été à Edea,

Kribi, Bertoua, vous ne trouvez pas une librairie digne de ce nom de neuf mètres carrés de surface avec l’ensemble des livres. Ce n’est pas possible », déplore Marcelin Vounda Etoa.

Pourtant aux dires du Cnamsmd, des dispositions ont été pourtant prises au niveau pour favoriser la disponibilité à temps du livre afin d’éviter la carence. Pour le secrétaire permanent du Cnamsmd, les éditeurs ont eu suffisamment de temps en ce qui concerne la publication des listes au programme. Pour cette année, ils ont eu six mois au lieu de cinq pour la production des manuels scolaires pour les mettre à la disposition des consommateurs finaux. Ainsi, il fait mention de la publication des listes des manuels scolaires de la maternelle et du primaire faite le 09 mars 2020, soit huit mois avant la rentrée prochaine.

Celle du secondaire a été publiée le 12 mai 2020 mais les éditeurs dont les manuels avaient été retenus en étaient informés au moins un mois avant. «Ils ont donc eu au moins six mois pour produire leurs manuels scolaires. Les textes prévoient que ces listes soient publiées cinq mois avant la rentrée ; les éditeurs ont donc largement eu le temps de produire et d’importer les manuels, pour ceux qui impriment à l’étranger», avait-il expliqué. Un argument qui vient contredire celui avancé par les éditeurs.

De leur avis, les mauvais accords avec l’imprimeur, la production hors des frontières qui entraîne l’importation et le retard de l’agrément du manuel scolaire sont quelques points qui fragilisent la fabrication à temps des ouvrages scolaires. En avisant les éditeurs, qu’aucun «artifice ni prétexte ne saurait justifier un retard ou une absence des manuels sur le marché à bonne date», il avait rassuré sur leur disponibilité totale à la fin de ce mois. L’atmosphère qui prévaut actuellement dans les librairies et autres points de vente en dit le contraire.

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