Cameroun – Gestion anarchique des terres de la Seita : Provoque le courroux des Batchenga

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Le président de l’association des chefs traditionnels de l’arrondissement de Batchenga et représentant des populations S.M Bruno Ambomo Bikele et son staff ont tenu un point de presse pour exprimer leur désarroi. C’était le 17 novembre 2020 à Yaoundé.

Le message est clair pour la communauté Batchenga située dans le département de la Lekié, région du Centre. « Nous voulons la restitution de ces terres » lance de prime à bord sa majesté Bruno Ambomo Bikele. Repris par les représentants assistants de la population indignée. Face à cette forme d’accaparement des terres de la défunte Seita ( société d’exploitation industrielle de tabacs et d’allumettes) par le liquidateur. Lui qui opère un nombre croissant de transactions non seulement anarchique mais aussi irrégulière sur ces parcelles de terrain. Avec les ventes à tout bout de champ. Au détriment des populations riveraines.

Genèse du litige

L’histoire remonte en 1950, date de la création de la Seita. Une naissance qui donne droit à deux titres de propriété foncière à Batchenga où s’est installé l’entreprise. Soit TF1 situé au centre ville de Batchenga avec 840 hectares ( titre foncier Nº 29) et le Nº 717 de 1500 hectares. Dont les conditions d’installation ont été discutées à l’Assemblée Représentative du Cameroun. Assorti d’un cahier de charges avec les populations riveraines. Chose qui a été faite. Entre la Seita est passé tour à tour dans les mains des français et puis camerounais. De ces différentes mutations, les populations soulignent que le titre foncier à muté de la Seita à la SFCT ( société franco-camerounaise de tabacs). Cette dernière à son tour n’a pas transmis la propriété foncière à la SCT ( société camerounaise de tabacs). Chose qui créé un flou dans la situation juridique de ces terres. La SCT ayant fait faillite dans les années 1989, une commission de liquidation a été désignée en 1998. Une commission qui aurait commencé à brader ces terres. Sous le regard alarmé des populations riveraines impuissantes.

La pomme de discorde

Faisant face à la raréfaction de la terre, ces populations riveraines ont été interdites d’accès sur ces terres. Autrefois qu’elles utilisaient pour leurs activités agro-pastorales.« À Batchenga c’est l’agriculture qui nourrit nos populations. La plupart des hommes s’adonnent à la cacaoculture. Lorsque une femme n’a plus où mettre un pied de manioc, la famine s’installe dans les familles, voir l’arrondissement. La Seita nous permettaient de cultiver sur les parcelles qu’elle a déjà exploitée. Au jour d’aujourd’hui, la femme n’a plus le droit de cultiver même le maïs qui fait trois mois. Parce que l’espace appartient aux grands de la république. Pire encore ces gens ne mettent pas en exploitation ces espaces. Ce que nous voulons, est qu’on nous rétrocède nos terres. » explique Mme Céline Etoga, représentante des femmes de Batchenga. Fatiguée d’adresser les requêtes aux autorités politiques et administratives, épuisée par les divers procès auprès des tribunaux, la population appelle le chef de l’État à agir. Car la situation de Batchenga risque entacher le vivre ensemble, si cher au président de la république. Selon eux, c’est inconcevable que les allogènes aient plus de terres que les autochtones. Et que ceux-ci soient privés de leur droit.

 Et vînt un plaidoyer 

Avec l’appui de l’Institut Africain pour le Développement Économique et Social-Formation ( Inades- Formation Cameroun), une organisation installée au Cameroun depuis les années 70, un comité communauté a été mis sur pied à Batchenga. Dans le cadre du projet de lutte contre l’insécurité rurale pour la satisfaction des besoins alimentaires des populations autour des agro-industries et des zones d’implantation des projets structurants au Cameroun. Une collaboration qui a permis d’élaborer un document contenant l’état des lieux des terres de la défunte Seita. Ce qui a permis de mobiliser les leaders communautaires à engager des actions de plaidoyer. Visant non seulement la rétrocession de ces terres, mais la gestion harmonieuse de celles-ci. Le comité de leaders communautaires que pilote S.M Bruno Ambomo Bikele est déjà sur le terrain pour obtenir les résultats satisfaisants tant attendus à Batchenga.

Paul fils Eloundou

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