Cameroun : Jacquis Kemleu Tchabgou du Girc craint une pénurie de riz au Cameroun

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Le Secrétaire général du Groupement des Importateurs de Riz du Cameroun par ailleurs maire de la ville de Dschang  a donné un point de presse jeudi dernier à Yaoundé.

Qui compose le Girc dont vous êtes le Secrétaire général ?

Le GIRC est le bras séculier de la filière riz au Cameroun. Il est constitué des entreprises Soacam, Sorepco, Olam, Dee-Lite, Sotracodim, Sonam et Moi Foods Cameroon Ltd qui travaillent quotidiennement dans la perspective de mettre à la disposition des consommateurs que nous sommes tous, le riz rond, le riz long grain, le riz à grain moyen et le riz à grain court respectant les normes et la qualité.

Quelle est l’intérêt de la communication en cours ?

Il est question de faire savoir à l’opinion publique que le riz à la portée du Camerounais en dessous de la moyenne n’est pas très disponible en quantité à cause de la pandémie à coronas virus qui l’a rendu rare à l’international et de son coût d’achat élevé à l’international. C’est ce qui justifie la légère remontée de son coût de revient au regard de la structure de coût.

La spéculation en cours des grossistes et des détaillants n’est par conséquent pas le fait des importateurs qui travaille en étroite collaboration avec le ministère du Commerce. L’intensification de la production nationale du riz pour la réduction du déficit structurel de 300 000 tonnes serait un palliatif aux préoccupations relatives à la qualité et à surtout au prix pour la satisfaction du consommateur. Pour éviter une pénurie éventuelle, il serait impératif d’assurer une importation dans le mois qui suit.

Il n’est pas superflu de rappeler que la production nationale n’excède pas toujours les 300 000 tonnes par an alors que la demande nationale se situe à 600 000 tonnes. C’est ce qui ressort du dernier bilan du Projet de Développement de la riziculture irriguée et pluviale (Proderip) mis en œuvre au Cameroun avec l’appui de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) Nous sommes par conséquent bien loin de l’atteinte de la production de 600 000 tonnes de riz qui avait été planifiée pour 2018.

Cette situation contraint notre pays à recourir aux importations en vue de relever l’offre en riz et justifie le bien-fondé de l’existence du Girc qui travaille ces derniers temps dans l’optique de se lancer dans la production de cette denrée ô combien importante pour les consommateurs que nous sommes. Des espaces en vue de la culture de cette denrée ont été sollicités du gouvernement de la République et nous restons dans l’attente. En effet, les quantités de riz actuellement disponibles sont de l’ordre de 200 000 tonnes pour une consommation mensuelle se chiffrant à 47000 tonnes.

Outre la pénurie, peut-on assister à une augmentation du prix du riz ?

Il faut souligner que, depuis plus de dix ans, les opérateurs de la filière riz n’ont pas cru devoir relever le prix de vente du kilogramme des différents types de riz, malgré l’augmentation de leurs charges d’exploitation et le relèvement du prix de cette denrée alimentaire à l’international. Ce qui signifie en fait qu’ils ont simplement décidé de baisser leur marge bénéficiaire pour rendre leurs produits accessibles au consommateur afin de contribuer à la lutte contre la vie chère.

Il n’est pas superflu de rappeler que le prix de cession du riz dans les autres localités est fonction de la distance relativement à la ville de Douala qui est considérée comme ex-work et à la saison à laquelle on fait face.

Les consommateurs et le gouvernement peuvent être rassurés par l’esprit patriotique dont font montre les opérateurs de cette filière notamment les membres du Girc, qui ont décidé de ne ménager aucun effort pour rendre disponibles les riz 25% de brisures birman, chinois, indien, pakistanais et thaïlandais et 5% indien (précuit) et thaïlandais en quantité, en qualité et surtout à bon prix. C’est ce qui a justifié depuis quelque temps le maintien du droit de douane à 5% par le ministre des Finances, avec évidemment depuis 2018 une taxe de récupération de 15% sur le riz qui serait réexporté en vue d’éviter que le Cameroun subventionne les économies des pays voisins.

Ce qui signifie en clair que le droit de douane sur le riz qui était de 0% au lendemain des émeutes de la faim de 2008, est passé à 5 % et non plus à 20% comme antérieurement, à condition que le riz importé soit destiné aux consommateurs vivant sur l’étendue du territoire camerounais. Cette mesure est désormais comprise par tous et c’est ici une fois de plus l’occasion de préciser avec emphase que les membres du Girc qui approvisionnent le marché national à près de 60% n’ont jamais réexporté le riz en direction des pays voisins et s’engagent à rester citoyens, que le riz précuit est bien consommé et même prisé dans certaines régions du Cameroun.

Quelles sont les autres raisons d’une peur sur le riz dans les prochains mois ?

Les importateurs de la Filière riz connaissent des difficultés susceptibles de déteindre à tout moment sur le prix de cession du kilogramme de riz en termes de relèvement. Il s’agit notamment de la rareté des devises au niveau des banques commerciales qui engendre deux conséquences directes. D’une part la hausse des taux de transfert pour le paiement des marchandises des fournisseurs. Ces taux tournent autour de 10% de la valeur et en fonction des banques. D’autre part, les délais d’exécution des transferts sont très longs et ont une durée moyenne de 4 semaines.

Il y a aussi l’augmentation des coûts de toutes les opérations dans l’enceinte Portuaire. Il convient de relever que la réduction drastique des délais de franchise pour les sacheries a pour corollaire le paiement des pénalités de stationnement et une augmentation des charges sur ces produits car ces délais mentionnés ne permettent pas de sortir la cargaison du port dans l’espace de temps recommandé et également d’acheminer sans surcoûts ces produits dans toutes les régions du pays.

En plus, selon la nouvelle tarification des opérations dans l’enceinte portuaire, tous les frais de location et autres frais portuaires ont étés réévalués à plus de 250%.

Il faut enfin pointer du doigt l’augmentation de taxes « Autres Charges » sur les déclarations douanières de riz. Cette taxe est passée de 1.5% à plus de 3.14%. En plus, le nouveau principe de calcul du précompte basé sur le chiffre d’affaires pénalise considérablement les importateurs. L’augmentation des prix des formes de riz à l’international due aux raisons suivantes : la hausse de 10% du Baht, monnaie thaïlandaise par rapport au Dollar US, la pandémie à coronas virus qui a entrainé la flambée du prix, le Fret, qui est passé de 45 dollars/tonnes en 2020 à 120 dollars à ce jour c’est-à-dire de 30 000 Fcfa à 70 000 FCFA, soit un écart de 2000 Fcfa par sac de 50 kg.

Qu’attendez-vous alors du gouvernement ?

Une intervention du gouvernement pour la mise en place d’un canal au niveau des banques commerciales et à la BEAC pour une priorisation lors des transferts et à des coûts raisonnables ; une annulation de l’augmentation des frais dans l’enceinte portuaire et le maintien des délais de Franchises à 90 jours ; une taxation du précompte basée sur les marges dégagées et non sur le chiffre d’affaires.

En somme le Girc souhaite un accompagnement étroit et permanent du Gouvernement, afin d’assurer tout au plus, la disponibilité du riz durant toute l’année sur l’étendue du territoire de la République. Si rien n’est fait dans le sens souhaité, il pénurie peut naitre dans les 03 mois qui vont suivre.

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