Cameroun : Jean Paul Pougala indexe les candidats à l’immigration

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« Ce sont les fainéants qui accusent la politique et  tout le monde comme prétexte pour ne rien commencer.

Par Jean-Paul Pougala

Le maïs que vous ne semez pas aujourd’hui, vous ne le récolterez pas dans 3 mois. Avec un grain de maïs, 3 mois après vous avez un épi d’environ 300 à 600 grains de maïs. C’est comme si vous avez déposé à la banque 1000 Francs et 3 mois après, vous venez reprendre votre argent multiplié au moins par 300. Donc, vos 1000 francs vous rapportent après 3 mois, 300.000 Francs. Si vous connaissez un produit aussi rentable sans trop transpirer, je suis preneur. Il n’y a pas une manière plus facile pour un pauvre de créer la richesse.

Tous ceux qui vous disent qu’il faut donner vos économies à un passeur pour aller trouver le paradis au Canada, en Italie ou en France mentent pour vous dépouiller du capital qui aurait servi pour le multiplier vous aussi par 300 en 3 mois. Un pays comme le Cameroun importe pour 500 milliards de Francs CFA de maïs surtout des USA pour la bière.

Imagine, tu prends ton capital pour verser à un passeur pour aller travailler dans une plantation aux Etats-unis pour cultiver le même maïs que tu as fui au Cameroun et que ton patron américain, finira pour l’exporter à ton pays.  Ce n’était pas plus intelligent que ce soit toi le producteur et fournisseur de ce maïs de ta petite plantation au Cameroun ? Les fainéants vont me répondre qu’il faut beaucoup d’argent pour cultiver ce maïs au Cameroun. Non seulement l’Etat te donne les semences gratuitement, mais est-ce que ta grand-mère au village pour cultiver le même maïs à son niveau attend le moindre financement ou qui que ce soit ?

Sais-tu seulement que ce maïs que tu négliges est pourtant le meilleur passeport pour te permettre demain de légalement voyager dans le monde entier sans qu’on t’embête pour le visa ?  Parce qu’un compte est de voyager comme Patron et l’autre comme un chômeur rêveur à la recherche du paradis perdu, qui n’a jamais existé. Ceux qui te disent d’attendre que la démocratie arrive et que le gouvernement change mentent.

Tu attends que Paul Biya quitte le pouvoir avant d’aller à la plantation et tu ne te poses jamais la question : et si c’est toi qui meurs avant lui ? Et si tu meurs pendant qu’il est toujours au pouvoir, tu auras passé ta vie à suivre les inepties des candidats à la politique qu’on appelle Opposition, qui en Afrique, attendent leur tour, peut-être dans 30 ou 40 ans. Seras-tu toujours là à attendre cet homme de la providence ? Sais-tu quelle est l’espérance de vie dans ton pays ?

Hier tu attendais que Kabila quitte le pouvoir pour que ta vie change. Maintenant qu’il n’est plus président, ta vie a changé ?  Hier tu jurais que si Compaoré quittait le pouvoir tu deviendrais riche. Maintenant que Compaoré est devenu un anonyme refugié, comme toi quelque part, tu es devenu riche ? Mon cher, Ma chère, quand je te demande de me suivre à la plantation, ce n’est pas parce que j’ai raté l’école ou j’ai raté ma vie. C’est justement parce qu’après avoir fait le tour du monde, après avoir vu tout ce que j’ai vu, je te conseille de ne pas commettre comme moi, l’erreur de ne pas commencer par le commencement : la création de la richesse à travers le secteur primaire.

L’agriculture s’appelle “Secteur Primaire”, non pas parce que c’est son nom ou son synonyme,  mais parce que c’est de là que tous les autres pays dits riches sont partis en premier. Et si aujourd’hui, les USA continuent de nous vendre le maïs pour nos bières, et la France son blé pour nos baguettes, c’est bien la preuve qu’ils sont devenus riches parce qu’ils ont pu maîtriser ce secteur primaire et peuvent nourrir le monde.

Si tu peux nourrir les gens, tu ne seras jamais pauvre. Encore faut-il que tu ne te fasses pas avoir. En Afrique, il y a trop de prédateurs, intermédiaires, parasites qui empêchent l’agriculteur de bien vivre dignement avec le fruit de sa sueur à la plantation.  Tu dois donc, utiliser tons cerveau et ton courage pour te protéger de tous ceux qui aujourd’hui te découragent d’aller à la plantation, parce que demain ce sont les premiers qui vont te proposer de revendre ta récolte et te servir de parasites.  Bats-toi pour transformer toute ta récolte. Sans cela, tu seras le “Mougou” (l’idiot) des parasites. Et ils sont plus nombreux que les mouches autour d’un pot de miel.

Tous les chemins nous portent vers la plantation, tout dépend avec quelle intelligence nous y allons. Car personne ne nous fera de cadeau, même pas l’état. Après m’avoir lu ce soir, avant d’aller te coucher, que décides-tu de faire pour ne pas finir ta vie dans l’enfer du salariat ?

  • Lausanne, le 03 Mai 2020

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