Cameroun : La base redoute les magouilles du Comité central du RDPC

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Pour une fois, le Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) peut-il sauver la face en respectant le choix de la base militante ? La question mérite d’être posée après l’annonce de la tenue des élections régionales le 6 décembre 2020 prochain.

Par La Nouvelle

Les consultations populaires se succèdent et certainement se ressemblent au Cameroun. Les dernières en date au cours desquelles le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a eu à investir ses candidats, ce sont les législatives et les municipales du 9 février 2020. Dans le processus ayant conduit à cette élection couplée, des voix se sont élevées dans presque toutes les 10 régions du Cameroun pour dénoncer les tripatouillages du Comité central alors en opposition de phase avec la base militante. Certains militants menaçaient même par endroits de quitter le navire.

Tout est en effet parti de la circulaire signée le 15 novembre 2019 où le secrétaire général du Comité central du Rdpc fixait les modalités d’investiture des candidats du Rdpc tout en indiquant que « les opérations d’investitures seront conduites dans la transparence, la rigueur, l’objectivité, le respect des considérations liées à la sauvegarde du vivre-ensemble, notamment la recherche du consensus, l’équité, le partage, l’ouverture, le respect de la diversité, la promotion de nouvelles figures, le genre, les minorités ».

Seulement, malgré cette balise rassurante de l’instance dirigeante du parti, très peu de militants à la base ne faisaient confiance à l’instance dirigeante du parti transformée à chaque investiture en un haut lieu de marchandage et de tripatouillages divers. Chaque membre appartenant à un réseau manœuvrant pour satisfaire le clan et placer ses pions au détriment du choix de la base. Ce que d’aucuns ont fini par désigner sous le vocable « le diktat du Comité central ». Résultat des courses, certains candidats investis sont le plus souvent vomis par la base.

Au cours de la célébration des 37 ans d’accession à la magistrature suprême du président Paul Biya, les militants de la région de l’Est avaient par exemple été suffisamment clairs : « nous ne voulons plus vivre les mêmes choses qu’en 2013 où l’on n’a pas tenu compte de nos aspirations dans la confection des listes. Il faut que cela cesse et qu’on nous laisse librement choisir nos prochains élus locaux. Nous connaissons ceux qui sont en phase avec nous et qui méritent notre confiance. Les gros poissons ne doivent plus imposer leurs pions. Aucun  passage en force ne sera accepté comme par le passé. Pour éviter un soulèvement populaire ou le vote sanction, nos aspirations doivent impérativement être prises en compte », avait menacé un patron politique de la région mais qui avait tout de même rassuré ses camarades en ces termes : « en ma qualité de patron du Rdpc dans cette circonscription politique, je vais m’assurer que la circulaire du Comité central relative à la désignation ou à l’investiture de nos candidats soit scrupuleusement respectée. Il n’y aura pas de parrainage lors des prochaines élections.

Tous les potentiels candidats du Rdpc peuvent dormir sur leurs oreilles

et sans crainte d’une quelconque menace ». Alors question : les maux qui minent le Comité central du Rdpc depuis des lustres à savoir : les magouilles, la corruption et autres copinages et qui ont toujours frustré le choix des militants à la base vont-ils resurgir au nom de la discipline du parti, lors des élections régionales annoncées ? Un grand défi est lancé là au secrétaire général du Comité central du Rdpc, Jean Nkueté et même ses proches, régulièrement pris à parti.

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