Cameroun : Le duel Motaze – Tawamba pour la stratégie de relance après Covid-19

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Le Minfi et le président du Gicam ont étalé leurs divergences lors du Cameroon Business Forum tenu le 22 octobre dernier.

Par Terre Promise

our le président du GICAM, « les entreprises camerounaises grandes, moyennes, petites, très petites, bref, presque toutes, souffrent et manquent d’oxygène ». Cette situation, souligne Célestin Tawamba, s’est aggravée avec la crise sanitaire. Une situation économique préoccupante Les chiffres présentés par le GICAM pour illustrer cette situation sont extrêmement révélateurs de la gravité de la situation :

  • 97% des entreprises négativement impactés par la pandémie ;
  • 310 milliards de Fcfa de baisse de chiffres d’affaires par rapport à 2019 soit un recul de 31%. Sur l’ensemble de l’année 2020, il est anticipé près de 3 150 milliards de FCFA de baisse soit 26%.

A cela s’ajoutent environ 51 milliards de FCA de contributions fiscales en moins, soit, sur l’ensemble de l’année, une perte en recettes fiscales de l’ordre de 520 milliards ; 54 000 salariés à plein temps mis en chômage technique, soit environ 14% des effectifs, et près de 14 000 salariés licenciés, soit 3,5% des effectifs. Des données qui illustrent à suffisance les effets dévastateurs de la pandémie de la Covid 19 sur l’économie camerounaise. Avec une décroissance aux alentours de – 3% du PIB en 2020, le président du GICAM prévient que notre économie va connaître un arrêt à sa croissance ininterrompue depuis 1993, et subira donc sa première récession depuis près de 30 ans.

La réponse du gouvernement Face à cette situation, la réponse du gouvernement a été l’élaboration d’une stratégie globale et multisectorielle de riposte face à la Covid-19 et de résilience économique et sociale. Aux dires de Louis Paul Motaze, « cette stratégie, d’un montant de près de 480 milliards sur la période 2020-2022, est déclinée en cinq principaux piliers à savoir : le renforcement du système de santé; la résilience économique et financière ; l’approvisionnement stratégique; le renforcement de la recherche et l’innovation, et la résilience sociale ». Un Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales», d’un montant total de 180 milliards de F.CFA, pour la lutte contre le Coronavirus et ses répercussions économiques et sociales, a été mis en place.

S’agissant spécifiquement de l’accompagnement des entreprises, dans

le cadre de la mise en œuvre du pilier « Résilience économique et financière », 72,7 milliards ont été orientés vers le renforcement de la résilience des entreprises. Louis-Paul Motaze relève toutefois que « les mesures prises jusqu’ici par le gouvernement sont essentiellement des « mesures immédiates de résilience et de sauvetage face aux conséquences de la pandémie ». Et pour renforcer l’efficacité des mesures déjà prises afin de relancer l’activité économique, le ministre des Finances propose une kyrielle de mesures d’accompagnement, déclinées en 19 mesures d’ordre général dont pourrait bénéficier la grande majorité des entreprises pour les prochains exercices, des mesures sur la fiscalité et des mesures spécifiques ciblant les secteurs et filières à fort potentiel.

Certaines de ces mesures concernent notamment : le relèvement du plafond de garantie prévu dans la loi de finances 2020 de 40 milliards à 200 milliards de FCFA, pour permettre à l’État l’octroi d’une garantie à hauteur maximale de 25% du montant du prêt accordé par les banques aux entreprises sinistrées. Louis-Paul Motaze estime qu’il s’agit là d’un «

effet de levier ouvrant la voie à plus de 800 milliards » ; la mise en place

des lignes de financement par la BEAC pour le financement des entreprises ; la titrisation de la dette intérieure afin d’animer le marché secondaire et améliorer la trésorerie des entreprises ; la mise en place de lignes de crédits auprès d’un pool d’établissements bancaires à des taux bonifiés au profit des entreprises sinistrées; l’augmentation du plafond de remboursement des crédits TVA de 6 milliards à 7 milliards ; le relèvement du seuil d’exonération des intérêts sur les comptes d’épargne à l’impôt sur le revenu des capitaux mobiliers de FCFA 10 millions à FCFA 50 millions.

En matière de fiscalité, onze mesures pourraient être mises en oeuvre,  notamment : la réduction de 2% à 1,5% du taux de l’acompte et du minimum de perception au profit des entreprises cotées en bourse, afin d’inciter les entreprises à recourir au marché financier pour le financement de la relance économique ; la baisse de l’Impôt sur les sociétés de 2 points pour les PME et PMI pour l’année 2021; l’exemption temporaire de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises du secteur hôtelier, au titre de l’année 2021.

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