Cameroun : Malentendus dissipés entre la Campost et la Beac

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Entre les deux institutions, le temps est au nivellement des positions et à la normalisation des procédures.

Par Business Today

La polémique enfle depuis une semaine suite à la réponse adressée par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) à la Cameroon Postal Services (Campost) au sujet de sa demande d’autorisation d’un système de règlement et de compensation. Dans un communiqué de presse signé le 20 avril dernier et tenant lieu de mise au point, la banque centrale explique que « cette lettre fait l’objet…d’une interprétation malencontreuse du traitement réservé à ce dossier ». Sur l’autorisation d’un système de règlement et de compensation La Beac précise que c’est par voie de presse qu’elle a été informée, le 31 mars dernier, du lancement officiel du système de compensation et de règlement des  transactions électroniques, géré par la Campost.

Au sein de l’entreprise publique postale, le chef des projets, Félix Mbunge Sumbele, révèle qu’il y a un malentendu de la part de la Beac sur la compréhension du projet. A son avis, la banque centrale n’est qu’un maillon dans la chaîne de mise en place de cette infrastructure qui n’est pas faite uniquement pour les paiements. Comme tel, il ne lui revient pas à elle seule d’en assurer la régulation. Pour la partie télécommunications, le régulateur (Agence de régulation des télécommunications ; Ndlr) a également son mot à dire. Cette dernière a d’ailleurs donné son agrément, selon notre source.

Quant à la suspension du démarrage du traitement de la compensation et du règlement des opérations monétiques adressée par la BEAC, elle se baserait sur le fait qu’une autorisation préalable de sa part constitue le préalable au démarrage de toute activité dont elle assure la régulation. La Campost voit les choses autrement. L’autorisation des compensations n’est qu’une infime partie. « La compensation vient parce qu’il y a interopérabilité. Actuellement, aucune opération de compensation n’a été effectuée. Même les différentes banques n’avaient pas encore connecté leur plateforme de paiement. Nous proposons des services financiers qui passent par Systac-Sygma. Nous sommes membres d’Apeccam avec qui nous faisons la compensation.

Pourquoi la compensation fait autant polémique ? », questionne M. Sumbele. A propos de l’irrégularité de la demande introduite par la Campost Le communiqué de presse du gouverneur Abbas Mahamat Tolli indique que le lancement du switch national est entaché d’irrégularité, parce qu’il est « intervenu 24 heures avant que la demande d’autorisation introduite par la Campost ne soit parvenue à la BEAC, en l’absence des autorisations nécessaires préalables ». Toute chose que relativise l’entreprise dirigée par Pierre Kaldadak. Ici, le dossier (signé par le directeur général le 30 mars), a été déposé à la banque centrale le lendemain, c’est-à-dire, le jour même du lancement du switch national. Notre source ajoute qu’il n’y a pas débat autour de cette date. A son avis, la Campost étant sous la tutelle du ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), « on ne questionne pas l’orientation gouvernementale.

La détermination du jour du lancement est une prérogative exclusive du gouvernement. Le gouvernement a pris ses responsabilités. Nous nous sommes juste rassurés que l’infrastructure est prête. Donc, on ne saurait

parler d’irrégularité de notre part », soutient Félix Sumbele. La Campost, poursuit le chef de projets, qu’elle est dans son rôle régalien confié par l’Etat : celui d’assurer une traçabilité de toutes les transactions, y compris les transactions Mobile Money qui, jusqu’à présent, n’étaient pas prises en compte. « Tout ce qu’on veut fournir ce sont les transactions entre toutes les parties prenantes, pour que la BEAC passe les écritures.

L’avantage, c’est que la Beac  aura une situation claire à la fin de la journée ou à l’instant T et pourra procéder à toutes les compensations qu’elle souhaite. Notre travail permet également de réduire la concurrence déloyale et de contrôler ou canaliser l’économie informelle pour la faire basculer dans le champ formel », conclut M. Sumbele. Au sujet de la langue du dossier technique Pour des raisons d’efficacité et

de célérité dans l’examen du dossier technique présenté par la Campost, la BEAC a demandé à la Campost de fournir la version française dudit dossier. Le français étant la langue de travail au sein de la banque centrale. La BEAC ajoute, dans son communiqué, que sa requête n’est pas un motif de rejet de la demande introduite par l’entreprise postale.  Cette dernière a pris acte et indiqué que cet aspect ne constitue pas un problème.

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