Cameroun – Marlyse Douala Bell : ‘’ On ne peut pas arrêter l’avènement des supermarchés’’

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Voici l’essentiel de la communication de la citoyenne qui se définit comme une femme de gauche, c’est-à-dire celle qui se préoccupe des questions d’équité, de justice sociale. Marlyse Bell se définit comme de la Social democracy et qui est parfaitement à l’aise dans le parti politique qu’elle a choisi et dans lequel elle se déploie le (RDPC).

« Si je suis femme politique de gauche, je dois me préoccuper des objectifs de développement durable (O.D.D.). C’est ce qui doit gui- der chacune des actions que nous posons. Est-ce que nous sommes en train d’aller véritablement vers le développement durable ? Si oui ça veut dire que nous nous préoccupons chacun dans le secteur qui est le sien, des O.D.D. Il y en a au moins quatre (04) qui me préoccupent dans le cadre de cette rencontre. L’O.D.D. N° 2 (faim zéro) : l’O.D.D. N° 8 (travail décent et facteurs psychologiques). L’O.D.D. N° 10 (Réduction des inégalités).

L’O.D.D (Consommation et production responsable). Au moins avec ça je me sens interpellée et capable de dire un certain nombre de choses, sur le sujet qui m’a été assigné. Le comportement des consommateurs a-t-il été influencé par la ruée des hypermarchés au Cameroun? Je répondrai non parce que les hypermarchés viennent s’implanter parce que dans leurs études, ils ont constaté qu’il y a déjà des consommateurs prêts c’est-à-dire le profit du consommateur camerounais est prêt à recevoir les hyper- marchés malgré la pauvreté et la paupérisation qui sont les conséquences ou qui sont entretenu par l’exode rural d’un côté, d’un paysan retrouvé sans ressource dans son bled et qui pense que la grande ville peut être une opportunité pour lui. Alors il y arrive sans de moyens. La paupérisation va suivre, pas de travail si la personne ne sait pas s’investir dans l’auto emploi.

Néanmoins, la classe moyenne a évolué, grandi. Et c’est pour ça que ces gens-là arrivent. Leurs études les confortent à l’idée qu’il y a un marché potentiel, des consommateurs potentiels. On les trouve dans la classe aisée et surtout dans la classe moyenne qui a quand même énormément évolué. La classe moyenne vit et est capable d’avoir un comportement propice au développement des hypermarchés.

Pourquoi les riches sont-ils prêts à cela. Parce qu’ils aspirent au confort, à la propreté, l’hygiène, aux produits de qualité. Ils aiment les produits importés qui les rassurent plus que ceux du Made in Cameroon (MIC). Ils veulent les aliments bio. La consé- quence c’est qu’ils (les hyper- marchés) vont les chercher dans les champs des planteurs mettent ainsi en difficulté les bayam-sellam et autres de la chaine qui eux deviennent tout petits. Quand Carrefour arrive dans une plantation, on va lui servir le meilleur manioc, le meilleur plantain qu’il va acheter plus cher que le camerounais lambda. Ensuite, le riche possède des moyens de conservation qui lui permettent de faire le marché une ou deux fois par mois et d’aller remplir ses congélateurs. Puis, il y a la classe moyenne qui est composée de quelques salariés et de quelques personnes du secteur informel, qui ont une petite voiture, qui ont une petite voiture (même s’ils n’y mettent le carburant que le Dimanche). Mais ils ont un niveau de confort, un congélateur. A la recherche de l’assimilation, ils vont calquer leur comportement sur celui des riches. Mais ils ne vont pas chercher les mêmes choses dans ces espaces-là. Ils aspirent au confort mais sont aussi soucieux du rapport qualité prix.

Beaucoup de ménages ont déjà fait l’expérience que le kilogramme de viande du marché n’est pas forcément moins cher que le kilogramme de viande de Mahima, de Spar, de Carrefour… ici, il y a l’avantage d’avoir été nettoyé. On est plus sûr du poids net. Ils recherchent également l’évasion : sortir en famille. C’est une partie de plaisir d’amener ses enfants à Mahima, Carrefour … et maintenant au grand Mal que d’aller au marché central ou au marché Madagascar.

Les hypermarchés et supermarchés présentent quand même des avantages qui leur permettent d’avoir une clientèle satisfaite par l’offre qui est la leur. Bien sûr que ça pose un problème. Ça vient désorganiser un système qui était déjà en place. Ça affecte les capacités des acteurs qui étaient en place, question : qu’est-ce qu’il faut faire ? On ne peut pas arrêter l’avènement de la modernité avec des supermarchés, mais en même temps si l’on est une femme de gauche, on doit se préoccuper de ce que les autres deviennent. Je ne vous ai pas parlé de l’objectif du développement durable (ODD) N° 16 qui parle de la paix. Si l’on ne peut pas résoudre ces problèmes, à un moment donné, la note nous sera présentée et il faudra la payer. Donc le politique est obligatoirement interpelé pour aider, mettre en place un environnement qui va permettre aux personnes affectées par la nouvelle configuration de la consommation dans notre pays de pouvoir trouver leur compte.

Je sais qu’il y a la loi sur l’économie sociale et solidaire qui vient répondre à pas mal de choses. Mais le décret d’application, je ne sais pas s’il est sorti entretemps. Mais de toute façon, avec la loi, avec le décret d’application le gouvernement devra mettre en chantier tout ce dont nous avons parlé. La formation des populations camerounaises à accepter le concept Made in Cameroon (MIC) qui forcement va rapporter des réponses durables. Mais à condition que le camerounais ait compris l’importance, le bénéfice pour lui d’aller vers le MIC. Autrement dit, il se contentera du plus facile et souvent du moins cher qui est proposé par l’importation »

Source : Echos des Marchés

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