Cameroun – Port de Douala : L’An 1 de toutes les performances de la Régie du Terminal à Conteneurs

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La Régie déléguée créée au sein du Port Autonome de Douala vient de faire le bilan de la première année de sa gestion du Terminal à conteneurs avec des résultats meilleurs que ceux du précédent opérateur, en dépit d’un contexte sanitaire et économique mondial difficile du fait de la fermeture des frontières.

Personne ne vendait chère la peau du Port Autonome de Douala, qui avait décidé de gérer le Terminal à conteneurs du port de Douala – Bonabéri dès le 1er janvier 2020, l’appel à manifestation d’intérêt pour la concession de cette activité ayant été grippé du fait de l’ancien opérateur, arrivé au terme de son contrat, n’a pas pu être qualifié pour la reprise du Quai. La porte d’entrée de 95 % des marchandises ç destination du Cameroun et es pays voisins tels le Tchad et la République centrafricaine était donc menacée, selon la volonté de l’ex opérateur. En esprit seulement avec des campagnes de dénigrement et sabotage du système informatique.

« Nous avons connus quelques difficultés au départ avec l’absence des données et le refus de collaboration de l’ancien opérateur à partager les informations », témoigne Martin Adepi, le directeur de l’exploitation de la Régie du Terminal à conteneurs (RTC). La Régie déléguée acquiert alors le logiciel Module Navis N4 et autres licences à 2,5 milliards de FCFA. Un prix à la hauteur des défis aussi bien nationaux – certaines voix ont parlé de la nationalisation du Terminal – qu’internationaux avec les pays voisins de l’hinterland (Tchad et RCA). Une partie du personnel de Douala International Terminal – arrivé en fin de concession – est réquisitionné. Six mois plus tard, « l’Etat nous a accordé une extension de trois ans au regard du travail effectué », renseigne Martin Adepi.

Douze mois plus tard, le port de Douala a changé de visage. Le contrôle de police à l’entrée indique déjà que la sécurité et la sûreté sont e rigueur. Même les employés du PAD doivent montrer patte blanche pour accéder au port. Pas de piéton. Au niveau du terminal à conteneurs, seules les machines sont en action pour le débarquement et l’embarquement des conteneurs dans les navires, le classement desdits conteneurs ou le chargement dans les camions semi-remorques. Le spectacle semble plus beau par la vue panoramique du septième étage du siège du PAD. Des personnes à pieds font partie des ouvriers qui refont les voies abîmées. La technique ici est celle de l’ingénierie des grands travaux propre à cet endroit spécifique de 25 hectares sous la surveillance de 350 caméras de contrôle.

Les chiffres sonnants

De toutes les activités au port de Douala – Bonabéri, l’opinion semble accrochée sur les chiffres, par réflexes et afin d’établir une comparaison avec le prédécesseur. Et c’est avec une joie à peine voilée que le directeur de l’exploitation de la RTC s’est soumis à cet exercice de communication des chiffres. Ainsi, le chiffre d’affaires de la RTC pour l’année 2020 est de 49.855.974.373 FCFA. Sur la même période en 2019, le précédent opérateur du terminal avait totalisé 48.458.816.643 FCFA. Pour comparer les deux périodes, « il convient d’ajouter au Chiffre d’Affaires de la RTC les 10% de baisse consenties sur tarifs les prestations terres évaluées à 3.401.538.165 FCFA », explique Martin Adepi, le directeur de l’exploitation. Sous ce rapport, le Chiffre d’Affaire de la RTC serait en principe de 53.257.512.538 FCFA.

Il faut aussi noter que le chiffre d’affaires prévisionnel de 2020 était de 48 344 496 253 FCFA. Ainsi, la RTC a réalisé un chiffre d’affaires supérieur à ses propres prévisions de 1 397 157 730 FCFA. Le chiffre d’affaire le plus élevé s’étant réalisé au mois de décembre avec une production de 4 639 490 000 FCFA.

Qu’a-t-elle [la RTC] fait ou que va-t-elle faire de cet argent ? « Tout au long de cette année 2020, la RTC a fait face à plusieurs difficultés vis-à-vis des équipements présents sur le terminal : une dégradation avancée de l’état de ses équipements ; un état de vétusté aggravé des engins ; les difficultés d’approvisionnement en pièces de rechange et d’accompagnement des experts internationaux dues à la fermeture des frontières, conséquences des mesures de lutte contre la pandémie du Covid-19 », a expliqué le directeur délégué de la RTC, Faustin Dingana.

Il ajoute d’ailleurs que, « quoiqu’ayant reçu ces équipements en état de vétusté très avancé, la RTC a pu, par une organisation efficiente, les entretenir et les utiliser au moindre coût sur la période sous ». Telles sont les dépenses internes. Mais, qu’a gagné l’Etat camerounais en mettant en créant une régie pour l’exploitation du Terminal à conteneurs ? Martin Adepi, directeur de l’exploitation de la Régie du Terminal à conteneurs a une réponse claire et limpide, chiffres à l’appui : « La RTC a versé au PAD, pour le compte de l’année 2020, au titre des redevances fixées par le Conseil d’Administration du PAD, 15.402.795.024 FCFA, contre 4.322.617.810 FCFA pour la même période en 2019. Donc pour cette année, le PAD a reçu 11 080 177 214 FCFA de plus que ce qui avait été versé l’année dernière ».

En ce qui concerne le fisc, « en attendant la clôture des comptes il peut être retenu à titre indicatif qu’en 2020, la contribution fiscale de la RTC se situe à 9.254.477.171 FCFA, constituée des impôts directs payés et des impôts indirects payés à travers le PAD et certaines entreprises. En 2019, la contribution fiscale faite par DIT était de 7.926.931.463 FCFA ».

Le directeur général des Impôts Modeste Mopa Fatoing, qui a passé plusieurs jours à Douala la semaine dernière à la rencontre les opérateurs économiques peut se frotter les mains de la bonne santé de la RTC avec plus d’un milliard de FCFA engrangé.

Pour les perspectives, la RTC envisage de poursuivre les travaux de réparation de 25.000 m² de terre-pleins et voies de circulation prioritaires sur le terminal à conteneurs, entamé en août 2020, qui pour des contraintes d’exploitation, n’ont pas pu s’achever au terme initialement prévu du 31 décembre 2020. Avec la réduction du taux d’occupation des terre-pleins, ces travaux devront s’achever avant le 31 mars 2021. Il sera également lancé les des travaux supplémentaires de réhabilitation de 25 000 m2 de terre-pleins prévu dans le budget 2021. Ces travaux contribueront à la hausse de la disponibilité des engins de manutention ainsi qu’à l’augmentation sereine de la capacité d’entreposage du terminal à conteneurs.

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