Cameroun : Pour Alamine O. Mey, la Cemac va replonger dans la récession

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Discours du président de la commission de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale à l’ouverture des travaux de la 35ème session du conseil des ministres de l’Ueac.

« Il m’est particulièrement agréable de prendre la parole ce jour, à l’occasion de la 35ème session du Conseil des Ministres de l’UEAC. Cette assise statutaire se tient dans un contexte particulier marqué par la persistance de la pandémie de la COVID-19 dans le monde et qui affecte également les pays de la zone CEMAC. Nos habitudes de travail ont été profondément modifiées du fait du respect des mesures barrières et la distanciation sociale pour limiter la propagation de la pandémie de la COVID-19. C’est la raison pour laquelle notre rencontre se tient par visioconférence.

À l’entame de mon propos, je voudrais exprimer ma profonde gratitude aux Hautes Autorités des États membres au premier rang desquelles, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’État de la CEMAC, pour son soutien indéfectible et l’attention particulière qu’il accorde à la bonne marche de la Communauté. Notre profonde gratitude va également à l’ensemble des Chefs d’État des pays de la CEMAC, pour les différentes actions menées en faveur des populations pour la lutte contre la COVID-19.

Qu’il me soit permis aussi d’exprimer mes remerciements au Président du Conseil des Ministres de l’UEAC, pour les dispositions prises pour la bonne tenue de ces assises, ainsi qu’aux Ministres membres du Conseil des Ministres pour leur habituelle disponibilité.  Mes encouragements vont enfin à l’adresse des responsables des institutions de la Communauté qui ont su prendre des mesures idoines pour assurer le bon fonctionnement de leur structure malgré la situation de crise.

La situation qui prévaut au niveau mondial est inédite. La pandémie de la

COVID-19 qui a commencé en Chine en fin d’année 2019, n’a pas épargné les pays de la CEMAC. Le dernier bilan au niveau régional fait état de plus de 33.000 cas de contamination identifiés, plus de 21.000  cas de guérisons et environ 649 cas de décès. Qu’il me soit permis d’exprimer à notre nom à tous, notre compassion aux familles endeuillées et de souhaiter un prompt rétablissement aux malades. C’est le lieu d’avoir une pensée pieuse pour le premier Président de la Cour des Comptes : Juan Carlos OWONO ELA MANGUE, décédé à Madrid au Royaume d’Espagne le 28 mars dernier.

Nous adressons aussi nos sincères encouragements aux personnels de santé en première ligne dans la riposte contre la Covid-19. Que ces derniers trouvent ici l’expression de notre reconnaissance et de notre soutien. C’est le lieu enfin, de saluer les efforts multiformes des États membres qui ne cessent de redoubler d’initiatives dans la riposte contre cette pandémie. Ces efforts doivent se poursuivre, car nous le voyons dans d’autres pays, la seconde vague de contamination risque de nous replonger dans le confinement total. Nous devons poursuivre sans relâche l’application des décisions que nous avons adoptées et de promouvoir le respect des règles de distanciation sociale telles que prescrites par l’Organisation Mondiale de la Santé.

La situation économique dans laquelle cette crise sanitaire a plongé nos économies est sans précédent. À cette crise sanitaire s’est adjointe la crise sur les cours des matières premières, principalement sur le pétrole. Les acquis de nos efforts de redressement sur les trois dernières années ont été gommés. La CEMAC va replonger dans la récession. Le PIB pourrait se contracter de l’ordre de 4 à 6% selon les hypothèses. Les termes de l’échange seront détériorés, comme les soldes budgétaires et

de la balance des paiements. Les besoins de financement, sans être insoutenables, sont néanmoins importants. Près de 1500 milliards de FCFA à combler sinon, nous risquons d’assister à une détérioration et à une fragilisation accrue des indicateurs macro-économiques et de la stabilité financière de nos économies.

Outre la solidarité internationale pour combler ce gap, nous sommes appelés à garder le cap des réformes économiques qui consacrent notamment la diversification et la mobilisation accrue des recettes fiscales intérieures. Sur le plan social, les conséquences n’en sont pas moins terribles. Les mesures prises pour lutter contre la pandémie ont impacté significativement les activités économiques. Le secteur informel qui a toujours joué un rôle de soupape sociale de sécurité, a été rudement éprouvé. Il s’en est suivi une augmentation de la précarité et de la pauvreté, pour nombre de nos concitoyens. Parallèlement aux mesures d’atténuation décidées par les Etats, les Instances régionales et communautaires ont dû apporter leur part. […] »

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