Cameroun : Shanda Tonme parle de malédiction noire, de la négritude à la négrocratie

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Ce livre a été très critiqué pour sa dureté, mais en réalité, je n’ai rien fait que traduire ce qui ne m’apparaît autrement  que comme une véritable malédiction. Témoignage paratextuel par l’auteur lui-même.

« J’ai hésité longtemps, et ait même par moments voulu renoncer à l’écrire, tellement j’étais interloqué, parfois effrayé de léguer à la postérité, une arme d’auto-flagellation. Mais, en revisitant “Les Damnés de la terre”, je me suis décidé à le publier, à lui coller ce titre, à lui infliger  la responsabilité de traduire un cri, une colère, une sentence intérieure cruelle.

Chaque instant de l’année 2010, est une peinture sombre pour l’Africain, pour la peau noire, pour l’Homme noir.  Durant toute cette année-là, je souffre intérieurement de la brutalité avec laquelle, notre destin se présente,  se projette et s’exprime, la honte partout et le désespoir total, au point de regretter d’être trop renseigné.

Obama est au pouvoir aux Etats Unis, mais la condition  du Noir n’a pas changé. On tire sur eux dans la rue comme sur des singes sauvages en divagation, on tire sur des femmes aux mains nues dans les rues d’Abidjan et les constituions sont malhonnêtement changées partout. Voilà dans quel contexte, après observations et analyses  de tous les paramètres, je me résous aussi à l’adoption de ce titre.

Il m’a fallu deux mois pour écrire le livre, mais il a fallu un mois pour concevoir la couverture dont la multitude des  couleurs renvoie à des symboles forts. C’est ainsi que Malédiction est en rouge, l’Afrique en Blanc pour tenir compte de la partie nord du continent, et NOIRE en noir.

C’est un tout petit livre, mais au contenu terrible et extensif dans l’argumentaire logiquement polyvalent. Quant aux Cauris, leur présence renvoie aux rites sacrés de nos traditions et coutumes, où ces petites  pierres tiennent une place quasiment mystique.

En effet les cauris sont à la fois intrigants et rassurants, protecteurs et magiques. Dans mon esprit, ces cauris tiennent le secret de notre malédiction, et ils sont invités sur la couverture, pour parler, pour montrer et assurer que la cause de la malédiction est en eux. »

Le livre est dédié à Aimé Césaire et à Léopold Seder Senghor

“LA MALEDICTION DE L’AFRIQUE NOIRE

De la négritude à la Négrocratie”

L’HARMATTAN, Paris, 2011, 175 pages, 17,50 euros

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