Cameroun – Transport urbain : Yaoundé dans la nasse des stationnements clandestins

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Par Essingan

À la faveur de l’avènement des récents exécutifs municipaux aussi bien à la tête des mairies d’arrondissement qu’à l’Hôtel de ville de Yaoundé, la lutte contre le désordre urbain semble être un point prioritaire des différents programmes. C’est ainsi qu’on a pu noter certaines actions allant dans ce sens. D’un arrondissement à l’autre, chaque matin, la police municipale s’emploie à faire respecter les points de ramassage des usagers de la route pour les différentes destinations. Dans le même ordre d’idées, les municipalités s’organisent pour le respect des textes en vigueur et relatifs à la circulation des mototaxis dans la capitale et ses environs. Il en est de même de l’occupation des emprises dans certains marchés. Pour autant, ces actions tardent à se généraliser.

Tant Yaoundé est globalement dominée par des gares routières sans domicile fixe. Lorsqu’elles ne sont pas simplement situées sur la route. Comme d’ailleurs nombre de places du marché. Ainsi en est de celle du quartier Nsam au voisinage de Garanties Express, au quartier Ahala au lieudit Barrière, de Mobil-Emana, de Messasi-dispensaire, de Mvod-Mbi, de Niki-Mokolo, Mvog-Atangana-Mballa, Poste-centrale, Camair, etc. En mobilité constante du fait de l’absence de sites dédiés, les transporteurs et passagers partagent leur mal-être dans les lignes qui suivent. Essigan est par ailleurs allé à la rencontre des différentes autorités impliquées dans la gestion de ces infrastructures routières. Ambiance d’accusations et contre-accusations.

En parcourant les rues de Yaoundé aujourd’hui, il est très facile d’observer et de croiser des voitures de tourisme recyclées en véhicule de transport. Surchargées d’hommes, de femmes et de marchandises, elles traversent parfois de part en part la capitale. Généralement, elles vont et viennent des points d’embarquement qui leurs servent de gare. Des stationnements qui, dans leur immense majorité, exercent à ciel ouvert, sur le trottoir et parfois sur la chaussée. Parfois à des points sensibles de la ville. D’où les nombreux bouchons observés notamment aux entrées et sorties de la capitale camerounaise.

A l’origine de nombreuses tensions et escarmouches, leur gestion pose problème. Et pourtant, à écouter les différents acteurs autour, elles génèrent beaucoup d’argent et participent à la collecte des recettes fiscales et municipales. Des réalités qui contrastent d’avec les installations sommaires de ces points d’embarquement dépourvus de viabilisation. Ces gares de circonstance de la capitale politique du Cameroun, mettent la mobilité à rude épreuve depuis quelques années. D’autant plus que la démographie y est sans cesse croissante. Sans compter avec les nouveaux quartiers périphériques qui voient quotidiennement le jour.

Du coup, se rendre à son lieu de travail le matin, ou en revenir le soir, est un véritable parcours du combattant. Ceux des habitants des abords de la capitale ayant fait le choix d’exercer à Yaoundé, vivent les mêmes tourments. En tout cas pour tous ceux qui doivent emprunter les moyens de transport en commun, il faut se rendre à des points d’embarquement bien précis.

Débuts et fins de journées mouvementées

C’est le cas de Christine Enobo, résidente du quartier des Beatitudes après Nkol-bisson dans la banlieue de Yaoundé. Cette institutrice d’une école du centre-ville, raconte ses débuts et fins de journées mouvementées: «Je vivais dans un quartier à Yaoundé. Mais la maison que je louais, a été vendue. Prenant possession des locaux, le nouveau propriétaire a entamé des aménagements. Nous avons ainsi été contraints de quitter. C’est ici au lieudit les Béatitudes que j’ai trouvé une maison qui correspond à mes capacités qualité-prix. On ne peut pas travailler pour ne payer que le loyer.

Les petites voitures que nous prenons, nous permettent d’arriver à temps au travail et elles ont des coûts de transport abordables». Tout n’est cependant pas un long fleuve tranquille pour la trentenaire.  «Il faut se lever tôt pour être au point de ramassage. Ceci veut dire, bousculades à l’entrée des véhicules le matin. Mais aussi qu’on arrive à destination couvert de poussière. Il faut reprendre les mêmes risques le soir venu pour rentrer». Ce spectacle décrit, est également vécu à Mvog-Mbi, au carre…..

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