Cameroun – USA : Pourquoi Joe Biden a repoussé le rapatriement des 60 migrants camerounais illégaux

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Alors qu’un communiqué du Ministère des Relations extérieures (Minrex) rendu public le 29 janvier dernier annonçait l’arrivée à Douala par vol spécial d’une soixantaine de migrants illégaux venant des Etats-Unis d’Amérique (USA), vol qui devait atterrir le 4 février dernier, on apprend à la dernière minute que ledit rapatriement a été annulé.

Par Aurore Plus

C’est ce même jour effectivement que l’organisme en charge du rapatriement des Camerounais en situation irrégulière aux Usa a pris cette décision à la dernière minute. Pourtant, tout avait été mis en œuvre pour que les 60 Camerounais concernés par cette mesure embarquent à bord d’un vol spécial, Boeing 767-200 de la Compagnie Omni air International. Des dispositions avaient été prises au niveau de l’aéroport international de Douala pour que les rapatriés soient accueillis dans le strict respect des mesures barrières imposées par la pandémie du coronavirus.

C’est un porte-parole du U.S Immigration and Custom enforcement (ICe), organisme en charge des migrants illégaux aux Etats-Unis, qui a annoncé l’annulation de la mesure due au fait que des «allégations d’inconduite et de maltraitance des détenus étaient en cours d’examen par le département de la sécurité intérieure et le bureau de l’inspecteur général».

Cette décision est intervenue du fait que 5 des 60 candidats au rapatriement avaient protestés contre leurs conditions de garde à vue durant l’automne dernier, au centre de traitement dans lequel ils séjournaient. Une décision qui a satisfait la branche américaine de Human Right Watch (HRW) qui, dans sa page Facebook de ce même 4 février2021 s’est félicitée d’un dénouement heureux. Cependant, dans un rapport publié le 18 décembre 2020, cette Organisation Non gouvernementale (ONg) de défense de Droits de l’Homme avait appelé le gouvernement des etats-Unis à ne plus expulser les Camerounais vers leur pays d’origine, du fait de l’insécurité dans les régions de l’extrême-Nord, du Nord-Ouest et du sud-Ouest.

«Outre un risque généralisé de subir de graves dommages en raison de l’actuel climat de violence dans les régions de l’extrême-Nord, du Nord-Ouest et du sud-Ouest, les personnes renvoyées au Cameroun sont également confrontées au risque de tortures et de mauvais traitements du fait de leur opposition, réelle ou supposée, au gouvernement», avait justifié Ilaria allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique centrale à HRW. Des affirmations qui ne peuvent tenir la route que si les personnes qui devaient être rapatriées, étaient de près ou de loin impliquées dans ces conflits car, jusqu’à preuve du contraire, la manière dont les Occidentaux appréhendent la situation sécuritaire dans notre pays est loin de la réalité du terrain.

Cette décision de l’annulation du rapatriement des Camerounais, selon des observateurs avertis de la politique américaine, trouverait également son fondement dans le changement intervenu au niveau de la Maison Blanche. Selon eux, Joe Biden, contrairement à Donald Trump serait favorable à une profonde réforme de l’immigration dans son pays. C’est du moins ce qu’il a déclaré le 2 février dernier en laissant entendre qu’il désirait faciliter la naturalisation de plusieurs millions d’immigrés vivant sur le sol américain.

Ces 60 Camerounais qui étaient déjà sur la liste de départ figureront-ils parmi ceux qui seront au final naturalisés? Ou alors n’est-ce qu’un répit, le temps pour les autorités américaines de vérifier que les accusations de maltraitance étaient ou non fondées? Difficile d’y répondre pour l’instant. Seul le temps permettra d’y voir plus clair.

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