Cameroun – Vente des Musiques : Yaoundé dans la pollution sonore

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La montée anarchique des décibels par certains individus, pour des intérêts particuliers, inonde la ville au mépris de la loi, du bien-être et de la santé des populations.

Par Essingan

Au centre-ville de Yaoundé comme dans les grands espaces marchands, on se croirait dans une cour de récréation où les élèves donnent de la voix dans leur empressement d’épanouissement et du fait du temps limité à eux accordé. Le phénomène est monté d’un cran depuis peu tant dans les endroits qui drainent des foules que ceux qui ne le font pas. Aux marchés de Mvog-Mbi, du Mfoundi, de Mvog-Ada ou de Mokolo, on assiste à un vrai choc de sonorités. Avec la rentrée scolaire qui arrive à grands pas, tous les promoteurs de cette montée chaotique et insouciante des décibels, comme un seul homme, semblent croire que c’est le seul moyen pour eux de s’attirer les faveurs des potentiels clients.

Au marché de Mvog-Mbi, les officines de vente de tenues scolaires se suivent sans discontinuité. Certains ont installé des grands baffles, des haut-parleurs ou des mégaphones qui laissent passer en boucle des messages de propagande de la qualité meilleure des produits qu’ils vendent. Le plus curieux ici est que, les messages véhiculés sont différents à 25% mais la pensée est la même comme si ces derniers les avaient produits chez un même prestataire. Henriette N.,  couturière qui a eu recours à cette méthode explique que, «l’année dernière, j’avais constaté que cette pratique attirait de nombreux clients chez mes concurrents.

Cette année, j’ai pensé qu’il fallait que je fasse la même chose pour essayer d’atteindre un certain seuil dans les bénéfices. Il faut dire que j’espère rentrer dans mes fonds en vendant davantage parce que les baffles sont loués, le message a été payé et la facture de courant qui va forcément augmenter. Avec ce que j’ai déjà fait comme recettes à ce jour, je crois que l’initiative n’est pas mauvaise», dit-elle. A la montée «Ane-rouge», à Yaoundé, des deux côtés de la route, se succèdent boutiques de vente de vêtements, de chaussures, des restaurants de fortune, des cabinets d’avocats, des détachements de certains départements ministériels, des cabinets de soins sanitaires, etc.

Voilà déjà plusieurs jours qu’ils subissent la propagande d’un promoteur de fournitures et manuels scolaires. Propriétaire d’un bureau d’études architecturales dans cette rue, Côme Awono s’insurge en porte-à-faux à ce dernier en disant que, «ça fait plusieurs jours que nous subissons ce vacarme. Le travail que nous faisons ici nécessite beaucoup de calme ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. J’ai sollicité l’aide de la communauté urbaine à maintes reprises au sujet de ce tapage à longueur de journée mais je continue de croire qu’ils viendront faire leur travail pour régulariser cette situation».

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