Contrebande : Le Cameroun perd 17.600 milliards FCFA en 10 ans

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Une coalition d’organisations de la société civile camerounaise en fait état dans une étude rendue publique le 30 septembre.

Par Essingan

Pour certains, il s’agit de pertes dues au commerce illicite. Pour d’autres il s’agit de flux financiers « illicites » dans le secteur du commerce international. Pour une troisième tendance, ces chiffres émanent de la structure normale des transactions financières dans un espace compétitif et diversifié. En tout cas, les 17 600 milliards de Fcfa (31,5 milliards de dollars), sont le contenu d’une étude sur les « flux financiers illicites (Ffi) en matière de commerce international au Cameroun » publiée le 30 septembre 2020 par une coalition d’organisations de la société civile locale conduite par le Centre régional africain pour le développement endogène et communautaire (Cradec).

L’étude tient compte du taux de change actuel, pour évaluer les pertes ainsi calculées, à 17 600 milliards Fcfa. «C’est près de deux fois l’encours de la dette du pays et plus de 3,2 fois son budget initial de l’exercice 2020», commente une version abrégée du document. En comparaison, les données fournies par le Cradec sont proches de ceux de la Commission des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced).

Dans son rapport 2020 intitulé les flux financiers illicites et le développement durable en l’Afrique publié le 28 septembre 2020, l’institution internationale a indiqué par exemple que 25% des exportations en provenance du Cameroun connaissent des écarts de déclaration. D’après la banque la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), près de 40% de demandes d’importations étaient en réalité des sorties spéculatives de capitaux du Cameroun en 2017. «Notre étude a utilisé des techniques comme celle de l’analyse et la comparaison des données miroirs du commerce international au Cameroun. Il en ressort qu’entre les déclarations des agents de l’import/export du pays et les données statistiques des pays clients ou fournisseurs, les écarts lorsqu’on enlève les frais de transport et d’assurance ont atteint 12,5 milliards $ sur la période analysée contenue dans le rapport, s’étend à certains flux conformes à la loi, mais qui privent injustement le Cameroun de ressources nécessaires à son développement économique.» C’est notamment le cas dans le secteur pétrolier.

«Même si le pays a une économie diversifiée, les exportations de pétrole représentent encore plus de 45% des entrées de devises, importantes pour la création monétaire au sein de l’économie locale. Or, dans les lois pétrolières, il était permis aux sociétés partenaires du Cameroun de recevoir les paiements de leurs parts de pétrole sur des comptes offshore. Cela a privé le pays d’une contrepartie extérieure de 8,6 milliards $ qui aurait permis de créer l’équivalent en Fcfa et servir le financement de l’économie », a expliqué le directeur exécutif du Cradec.

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