Désengorgement des prisons : NDH- Cameroun passe à l’action

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Cette organisation de la société civile plaide pour l’effectivité des peines alternatives à l’emprisonnement au Cameroun.

Nouveaux Droits de l’Homme – Cameroun a lancé la campagne de plaidoyer pour l’application des peines alternatives le 09 décembre 2020 à Yaoundé, au cours d’un Symposium National qu’il a organisé à l’occasion de la 72e journée internationale des Droits de l’Homme. Une action qui vise à réduire de façon considérable la surpopulation carcérale, devenue une réalité plutôt inquiétante. Selon la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés ( CNDHL), la population carcérale s’élevait à 30.701 prisonniers ; largement au dessus des capacités d’accueil, estimée à 17.815 places dans l’ensemble des milieux de détention en 2017. La solution viendrai donc de l’effectivité de l’application des peines alternatives tel que prévu par le code pénal de 2016 selon NDH- Cameroun. « Nous pensons en toute bonne foi que l’implémentation effective des peines alternatives pourra permettre de réduire la surpopulation carcérale. Pour ceux qui ont suivi la leçon inaugurale de ce matin que j’ai présenté, j’ai pris l’exemple de quelques pays dans lesquels l’implémentation des peines alternatives est effective. On a pris le cas du Zimbabwe, on a vu qu’après l’introduction, 4 ans plus tard 18000 prisonniers potentiels avaient bénéficié de ces peines alternatives. On a vu aussi avec la Finlande ou chaque année, 3500, 4000 prisonniers bénéficient desdites peines alternatives. » affirme le professeur Rolande Watcho, expert associé au projet. En conclusion pour elle, si ces peines alternatives sont adoptées, cela aura un effet direct sur la surpopulation carcérale au Cameroun.

Avec l’appui de l’Union Européenne et de l’apport technique et scientifique du centre CEFODEP, NDH- Cameroun en partenariat avec la CNDHL  a élaboré un outil devant permettre l’application de ces peines alternatives. D’ailleurs NDH- Cameroun garde l’optimisme quant à la réceptivité du gouvernement. « Nous pensons que les autorités seront réceptives, parce qu’elle a déjà fait le plus dur. Vous le savez le plus dur c’était d’avoir un cadre légal, qui pose le principe consacrant les peines alternatives. Et donc cette consécration légale a été faite en 2016 lors de la réforme du code pénal. Aujourd’hui, il s’agit de la mise en œuvre de cette disposition légale. Et c’est pour cette raison que nous avons pris sur nous de proposer les modalités et les conditions d’application et d’effectivité de ces peines alternatives afin de faciliter cette réforme. » indique Cyrille Rolande Bechon, directrice exécutive de l’ONG Nouveaux Droits de l’Homme.

Paul Fils Eloundou

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