Faillite des banques au Cameroun : Les crédits viciés principaux accusés

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Au Cameroun, plusieurs établissements bancaires sont menacés de mise en liquidation du fait que beaucoup de leurs clients n’arrivent pas à rembourser les crédits qui leurs ont été octroyés. Mais depuis plus de dix ans aujourd’hui, l’auditeur bancaire Pierre Numkam n’a eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme dans le but d’éviter l’effondrement de tout le système monétaire avec les conséquences que cela implique.

Par Aurore Plus

Pour Mieux Pénétrer cet univers des crédits viciés et non remboursés, nous avons fait appel à cet homme, Pierre Numkam, ancien cadre de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BeaC) et président de la  tutuelle Inter-africaine des Consommateurs des Biens et services (Miacbis) dont l’objectif est de restituer aux épargnants leurs dépôts détenus par les banques.

Parlant de crédit bancaire vicié, voici ce qu’il en pense : «Un crédit bancaire est vicié lorsque la Banque ou la Microfinance l’a accordé et/ou géré dans des conditions telles qu’il est impossible à son bénéficiaire de le rembourser. L’objectif d’un tel crédit est donc autre chose que de voir le client se développer harmonieusement». Ainsi défini, un crédit vicié, cependant, n’est pas facile à déceler. Assez souvent, le client s’en aperçoit après utilisation du crédit : «en général c’est quand le client commence à rencontrer des difficultés et qu’il en parle à son banquier, qu’il va se rendre compte que celui-ci ne s’en émeut guère, ce qui sera un début de preuve que ce qui lui arrive n’est certainement pas inconnu à son gestionnaire. en effet, dans la relation Banque-emprunteur, le client est le «Malade» alors que la Banque est à la fois Médecin-traitant et Pharmacien: tant que le patient n’est pas guéri, le médecin-traitant fait des recherches pour adapter son traitement à l’évolution de la maladie de son patient jusqu’à ce qu’il guérisse. S’il s’abstient de le faire et que le patient décède, alors il aura causé sa mort. Dans le cas qui nous intéresse le Banquier est aussi Pharmacien, en ce que les fonds que Les épargnants lui confient en dépôts sont justement ces médicaments qu’il doit octroyer à l’emprunteur en veillant, de tout temps, qu’ils soient conformes à ses besoins.

C’est une pratique aussi ancienne que la Banque elle-même, consacrée par une jurisprudence abondante et ancienne, et que vient d’encadrer de façon formelle la «Loi N°2019/021 du 24 Déc. 2019 Fixant certaines règles relatives à l’activité de crédit dans les secteurs bancaire et de la Microfinance au Cameroun» qui, en son «Titre III Des obligations des parties à une opération de crédit», fait désormais obligation au «PRÊTEUR» que sont les Banques et les Microfinances, «D’OFFRIR A LEURS CLIENTS, DES PRODUITS ET SERVICES ADAPTES A LEURS

BESOINS, en tenant compte de leur capacité de remboursement afin de prévenir tout risque de non-remboursement ou de surendettement » (Article 5 al.1). Dans ces conditions, l’emprunteur doit exercer certains droits de recours : «La première démarche est de saisir par écrit, immédiatement, la Banque ou la Microfinance, pour lui dire de façon explicite que les fonds qui ont été mis à votre disposition ne sont pas conformes à vos besoins, et donc qu’il vous en faut encore davantage».

Ce qui suppose que la banque doit tenir compte de votre démarche. Cependant, il peut arriver que la banque ne veuille rien entendre. Et là également, la cause n’est pas perdue d’office. L’auditeur bancaire préconise une autre voie : «Je pense qu’il ne faudrait même pas attendre la réponse de la Banque ou de la Microfinance pour en informer le Procureur de la République qui, au stade actuel de nos découvertes, est celui que nous avons, dans la «Requête aux fins d’obtention de la mise en place urgente dans les Parquets des Procureurs de la République d’un Service du «CADRE AMIABLE» institué par l’ordonnance N°003 du 27 Avril 1990 du Président de la République en son article 2 pour Redresser les Banques et les Microfinances actuellement en faillite et menacées de mise en liquidation» adressée le 30 Octobre 2020 à Son Excellence Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, baptisé «L’AGENT INCUBATEUR DU CADRE AMIABLE

».

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