Franc CFA : L’Afrique de l’Ouest déterminée à quitter la France

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Selon le président Béninois Patrice Talon, le retrait des réserves de change du franc CFA qui se trouvent en France est imminent pendant qu’en Afrique centrale, le sujet reste tabou.

Le prochain sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) sera déterminant pour l’avenir de cette zone économique. Car, au moment où 8 des 15 pays ayant en commun le franc CFA ont décidé de quitter le bateau français, ceux de l’Afrique centrale rêvent encore de ne pas subir une autre dévaluation de cette monnaie. Et c’est le gouverneur de la Beac, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli, qui rassurait vendredi dernier, après une réunion tenue au siège de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) à Yaoundé.

En Afrique de l’Ouest, les carottes sont quasi cuites pour cette monnaie – l’Eco –, même si une certaine opinion y voit toujours derrière la France. Le président béninois Patrice Talon a annoncé sur les antennes des médias français – RFI et France 24 –, jeudi soir 7 novembre, le « retrait des réserves de change du franc CFA » qui se trouvent en France. « Nous sommes tous d’accord là-dessus, à l’unanimité, pour mettre fin à ce modèle », a déclaré le président Talon, assurant qu’il constitue avant tout un « problème psychologique » et non « technique ».

« La Banque centrale des pays d’Afrique de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) va gérer la totalité de ces réserves de devises et va les répartir auprès des diverses banques centrales partenaires dans le monde », a assuré le chef de l’Etat béninois, déclarant que cela se ferait « très rapidement », sans donner toutefois de calendrier précis.

Début octobre, le ministre français des finances, Bruno Le Maire, avait déclaré que la France était ouverte à une « réforme ambitieuse » du franc CFA. Il avait dit attendre que les 15 pays qui partagent cette devise attachée à l’euro « décident ce qu’ils souhaitent », à un moment où l’Afrique de l’Ouest envisage de créer sa propre monnaie unique.

En ce qui concerne l’Afrique centrale, le sujet semble tabou. Mais, il pourrait être d’actualité lors du Sommet des chefs d’Etat de la Cemac, qui en doit en principe se tenir du 21 au 23 novembre à Yaoundé. D’ailleurs, le sujet a été au centre des échanges entre le président camerounais Paul Biya, par ailleurs président de la conférence des cefts d’Etat de la Cemac et le président français Emmanuel macro lors de la conférence du fonds mondial tenu à Lyon en France le mois dernier. Si le Cameroun, qui dispose de plus de 40% du PIB de la zone Cemac n’amorce pas la migration comme en Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, qui est l’une des zones économiques le moins avancées au monde, si l’on en croit les statistiques de la Banque mondiale, pourrait continuer à trimer derrière cette monnaie, dans le prétexte de la stabilité des échanges.

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