Gabon : Comment Ali Bongo Ondimba veut s’offrir un parapluie judiciaire

0
379

Un projet de révision de la Constitution présenté au Conseil des ministres vendredi dernier est déjà très contesté par l’opposition gabonaise.

L’information mise en avant est d’abord le projet de « militarisation » de la politique gabonaise. En effet, contrairement aux pratiques dans les pays démocratiques dans lesquelles sont copiées les Constitutions des pays francophones, qui voudraient qu’en cas d’absence du président de la république, c’est le président du Sénat, qui assure l’intérim et organise une nouvelle élection présidentielle – sans en être lui-même candidat et sans composer un nouveau gouvernement – le président gabonais lui, a décidé de proposer un Triumvirat en cas d’intérim. Un trio composé des présidents des deux Chambres (Sénat et Assemblée nationale) et du ministre de la Défense. Une militarisation de la politique quand on sait que, bien avant de devenir Chef de l’Etat, Ali Ben Bongo Ondimba lui-même a occupé, dans le gouvernement de son père, le poste de ministre de la Défense.

Cependant, a confié le porte-parole de la présidence de la République Jessye Ella Ekogha, qui a convoqué la presse pour des éclairages.  Il a précisé que les trois du Triumvirat sont exclus de la course à la présidentielle en cas d’intérim. Ils ont 60 jours pour organiser de nouvelles élections. Là, il s’agit des principes. Alain Bernard Bongo lui-même en sait quelque chose. La succession à son père Omar Bongo avait été très bouillante.

Il faut dire que les « mots qui énervent » l’opposition gabonaise est ce parapluie que veut s’offrir le président en poste. Il veut accorder au chef de l’Etat et aux parlementaires l’immunité même après leurs mandats. Question de les protéger pendant l’exercice de leur mandat. Or, pour l’opposition, « l’extension de celle-ci au-delà de cette période est une déviation. Elle cache la crainte de rendre compte des actes délictueux ou criminels (…). Ce qui est inacceptable », se plaint-elle.

Pour Jessye Ella Ekogha, l’article 78 qui dispose que « le président de la République qui a cessé ses fonctions ne peut être mis en cause, poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé » existait déjà dans la Constitution révisée en 2018. Ce texte prévoit que le président de la République en fonction puisse être jugé pour « violation de son serment ou haute trahison » alors qu’avec la révision a Haute Cour de justice pourra le juger pour d’autres crimes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici