Greenpeace accuse le Cameroun de massacrer la forêt d’Ebo

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Yaoundé, 23 juillet 2020 – Greenpeace Afrique et les communautés locales dénoncent une décision du gouvernement camerounais d’ouvrir 68 385 hectares de forêt vierge à l’exploitation forestière. Le sort d’une zone de 65 007 ha de la forêt d’Ebo, également menacée d’exploitation forestière, reste incertain et doit également être préservé des tronçonneuses.

Le décret du 14 juillet visant à exploiter une forêt d’environ la moitié de la taille de Londres a ignoré de manière flagrante les demandes des communautés locales et des ONG internationales d’honorer une décision du gouvernement de 2006 de déclarer la zone parc national. [1] Cette décision a également fait fi des engagements internationaux du Cameroun ainsi qu’elle passe outre la loi promulguée le 20 juillet autorisant la ratification de l’Accord international sur la conservation des gorilles et leurs habitats.

« La forêt d’Ebo abrite des primates en danger critique d’extinction dont la condamnation à mort a été signée par le Premier ministre Joseph Dion Ngute avec l’approbation de la Présidence de la République du Cameroun », déclare Sylvie Djacbou, chargée de campagne forêt chez Greenpeace Afrique. « Greenpeace demande à nouveau d’annuler les plans d’exploitation industrielle dans la forêt d’Ebo et de la désigner comme zone de conservation communautaire à la place », a ajouté Djacbou.

« La grande majorité des Banen disent non à cette grave injustice », déclare l’un des chefs Banen, Victor Yetina de l’association Munen Retour aux Sources. « La forêt d’Ebo représente avant tout l’identité du peuple Banen et leur Collectif utilisera tous les moyens légaux pour l’annulation de cette décision par le gouvernement », a ajouté le chef Yetina.

Les informations obtenues par Greenpeace Afrique montrent que SEXTRANSBOIS, qui a prospecté Ebo le mois dernier, pourrait être le bénéficiaire de la nouvelle concession. L’entreprise semble être contrôlée par les mêmes entrepreneurs associés à une nouvelle concession de palmiers à huile dans la région Sud, CAMVERT.

« Le gouvernement camerounais, une nouvelle fois, a choisi des gains financiers à court terme pour certaines élites au détriment des intérêts à long terme des communautés locales et la protection de l’environnement», poursuit Djacbou. « Cette provocation bafoue les droits de plus de 40 communautés, ruine un point chaud  de biodiversité [2] et aggrave la crise climatique. »

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