Guinée Equatoriale : Teodorin Obiang fils du président attend le verdict avec son parapluie diplomatique

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Les enjeux politiques et économiques entre son pays et la France pourraient influencer la décision de justice attendue ce jour à Paris en France.

La Cour d’appel de Paris doit rendre ce matin du 10 février 2020, son verdict dans l’affaire dite des « Biens mal acquis » de Teodorin Nguema Obiang Mangué, le fils du président de la Guinée Equatoriale et vice-président de ce pays.  Un jugement avait déjà condamné en première instance le  27 octobre 2017 Teodorin à trois ans de prison avec sursis, 30.000 euros d’amende (soit près de 20 millions de FCFA) et la confiscation de ses biens. La Cour internationale de justice a toutefois jugé que l’immeuble de l’avenue Foch à Paris, estimé 150 millions d’euros (soit quelque 100 milliards de FCFA), possédait l’immunité diplomatique.

En appel, le procureur a requis des peines beaucoup plus sévères. Le gouvernement français ne sait que faire pour éviter une détérioration des relations avec cet Etat, membre de la zone Franc d’Afrique centrale, où la Francophonie est en progression et qui fait les fins de mois de plusieurs régimes de l’ancien pré-carré. Les intérêts français y sont également très présents dans les domaines pétrolier et gazier.

Les 27 et 28 juillet 2019,  le Secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne avait fait le déplacement en Guinée équatoriale, plusieurs mois avant de se rendre au Gabon. Certes, l’inauguration d’une base navale était à son programme, mais ce sont probablement les entretiens politiques qui avaient motivé ce voyage ministériel.

L’ambassadeur de la Guinée Équatoriale à Paris s’est rendu récemment à l’Élysée pour évoquer  » l’affaire Teodorin » et le risque de fâcheuses conséquences dans la coopération bilatérale. Quels seront les répercussions diplomatiques et économiques d’une condamnation plus sévère de Teodorin ? La diplomatie peut-elle surmonter ces difficultés qui touchent la souveraineté des deux pays ? Rien n’est moins sûr.

Le Parrain Obiang Nguema Mbasogo

Le très catholique doyen des chefs Etat africains, qui fit exécuter son oncle dictateur en 1979, ne recule pas devant les atteintes aux droits de l’homme. Le quart du million des Equatoguineens vivent en exil, plusieurs centaines d’opposants politiques sont des disparus, les élections ne sont que des formalités périodiques et nombre de chefs d’État africains font le pèlerinage de Malabo pour recueillir conseils et soutiens. On y a vu avant leur disgrâce Lula da Silva, Eduardo dos Santos, Mohamed ould Abdel Aziz, Boni Yayi. Le Gambien Yaya Jammeh y vit désormais en exil.

Avec Mondafrique.com

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