L’heure de la rentrée colère au Cameroun de Paul Biya

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Généralement, il y a deux rentrées scolaires au Cameroun. Il y a la rentrée des élèves et écoliers, c’est celle-là qui est annoncée le 05 octobre 2020. Elle aura bel et bien lieu.

Nous aurons le temps d’y revenir. Mais avant, il y a la rentrée des ministres chargés de l’éducation de nos rejetons : le ministre de l’Education de base (Minedub), le ministre des enseignements secondaires(Minesec) et leur homologue du supérieur, le ministre des universités. C’est en réalité la rentrée solennelle de la rentrée scolaire. Donc, la vraie. Elle commence par une visite au Premier ministre qu’on rassure, la formule heureuse, que « des mesures sont prises » (voyez le cousinage avec les couturiers !) pour une rentrée réussie, et que la communauté éducative est prête comme une épouse pour son mari !

Place aux préparatifs. Les parents d’élèves sont en colère. Ils n’ont pas l’argent, ils n’en ont jamais eu. C’est ainsi chaque année. On leur en rajouterait un millénaire qu’ils ne seraient jamais prêts ! Pour sa part, le collectif des titulaires d’anciens Capiemp recalés à la contractualisation envisage de faire sa rentrée devant les services du Pm si la seconde phase de recrutement n’est lancée. Donc, colère. La date de la rentrée, c’est bien le 05 octobre. Ça vous dit ? C’est la journée mondiale de l’enseignant. Donc jour de boustifaille ! Comment le gouvernement a-t-il osé ? Mépris ! Vous voyez, le 5 octobre, c’est la « rentrée colère » de Jean Miché Kankan.  Mais, passons, les colères, il y en aura toujours. La rentrée chez nous, c’est un peu comme le célèbre « pantalon de Moriba ». Le couturier a beau essayé de le retoucher, il y a toujours quelque chose qui cloche…

Ma’a Nalova Lyonga, la Minesec, et Pa’a Etoundi Ngoa, le Minebase, annoncent le port obligatoire du masque et le lavage automatique des mains pour les enfants. Bingo ! Dingo ! Mais, « où est donc l’eau ? », demanderait le journal le Jour. Les robinets du pays sont à secs, le lavage à la salive est fortement envisagé. Ensuite, covid-19 oblige, il est annoncé « un système de rotation concentrée ». En maux simples, c’est la mi-temps comme souvent au primaire. Il y en aura, une, deux, voire trois. La troisième, ça sera un peu les prolongations du match. Elle se jouera le soir en mode E-learning avec les smartphones histoire de couvrir les programmes. De la trouvaille donc! Les deux ministres de Paul demandent à chaque élève et écolier de se taper de l’Android ! L’école n’a pas de prix et personne n’arrête le progrès. Perspective bandante pour les bénéficiaires. Elle fait sarabande dans la tête de l’acheteur du Ipad. Le pays est à la panade, le fonctionnaire est payé au lance-pierre ! C’est de notoriété mondiale.

Trois choses. Soit c’est de la pure comédie. Soit Etoundi Ngoa et Nalova Lyonga se font des films dans leurs têtes de ministres. Soit ils regardent un peu trop la télé des Blancs. Bigre ! Ils auraient pourtant mieux fait de lancer leur part d’opération « un écolier, un IPhone ». En n’oubliant pas qu’utiliser un Ipad à Ngulkeka, village de bout du monde situé dans le Nyong et Mfoumou (région du Centre), il faut au moins trois choses : la connexion internet, l’argent de la connexion internet et le courant électrique. Sur ce dernier plan, nous sommes parfois restés à l’âge de la bougie…

Source : Le mutant du 1er Octobre 2020

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