Sam Mbaka : Les grandes entreprises viennent au Cameroun pour se faire de l’argent et non nous aider

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L’homme politique pour préserver un équilibre, milite pour la protection des acteurs de la chaine économique, en même temps qu’il invite les pouvoirs publics à les accompagner.

‘’ Dans tous les pays, où l’on a besoin d’un certain équilibre, on commence d’abord à faire du protectionnisme. On commence à définir ce qu’il ne faut pas toucher. A l’époque avec les plans quinquennaux, les comices agropastoraux c’était l’autosuffisance alimentaire. Aujourd’hui, nous nous étonnons que nous mangeons du riz qui vient d’Asie et au-delà, alors qu’il y a du riz au Cameroun. Je crois que ce sont des secteurs qu’il faut d’abord toucher par ce qu’il faut encadrer la production locale. Et pour mieux le faire, il faut que nous ayons suffisamment d’outils. Quand on voit comment les multinationales se battent pour contrôler même nos ports, c’est parce qu’il y a des marchandises qui y entrent tous les jours. Et ces marchandises ne sont pas bio. Certains les appellent des déchets. Et nous nous allons produire notre bio pour vendre à l’extérieur et nous allons manger les déchets. Il faut que nous ayons une réflexion profonde.

Qu’est-ce que nous pouvons faire pour encourager nos producteurs locaux ? Je me rappelle, j’étais encore jeune, ce n’était pas le marché de

Mboppi. C’était le marché de l’Afrique Centrale. Aujourd’hui, ce marché qui a montré la voie à une forte concurrence, ces multinationales. Alors comment allons-nous protéger l’économie locale ? Je crois que ça tous les pays le font. Un pays a droit de protéger. Comment encourager les producteurs locaux qui ne bénéficient pas d’un encadrement, qui n’ont pas de facilités, de crédit, qui n’ont une ouverture de marché, alors que nous avons des ambassades, partout qui devaient faire la promotion de nos produits. Alors ce qui nous reste maintenant c’est de faire des produits bio que nous-mêmes ne pourrons pas consommer. Est-ce que c’est ça la finalité ?

Je pense que les grandes entreprises sont venues au Cameroun se faire de l’argent. Elles ne sont pas venues nous aider. Elles ont mis en difficultés nos affaires. Je ne vois pas pourquoi j’irai au marché central bagarrer avec les mouches pour avoir un kilogramme de viande alors que je l’aurai eu bien emballé dans le supermarché et au même prix. Quand les vendeurs locaux vont disparaître les prix vont grimper. Il faut s’attendre à cela. Je crois que le travail que nous devons faire c’est de voir comment est-ce que localement nos distributeurs, nos producteurs peuvent s’organiser. Tout le monde sait qu’au Cameroun, ce n’est pas l’intelligence qui manque.

C’est la solidarité qui manque. Les gens ne savent pas se mettre ensemble pour réfléchir pour un avenir commun. Je crois que cette tâche-là doit être bien entendue. Nous devons aimer le Cameroun notre pays, nos prochains et bâtir quelque chose de solide. Parce que nous avons des intelligences, un vaste marché, des grands pays comme le Nigéria tout à côté, qui peuvent être de vrais partenaires pour nous. Les camerounais doivent s’organiser, avoir des devises, pour pouvoir acheter de grandes machines pour la production locale, puis la distribution. »

Source : Echos des Marchés

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