Situation économique et financière de la CEMAC en 2018 et Perspectives pour 2019 et 2020

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Le redressement économique de la CEMAC, enclenché en 2017, s’est poursuivi en 2018, portés par une augmentation significative de la  production pétrolière au Congo et au Tchad ainsi qu’une bonne tenue de l’activité économique non pétrolière au Cameroun et au Gabon.

L’activité économique de la sous-région a évolué en 2018 dans un environnement marqué au plan intérieur par la poursuite de la consolidation budgétaire dans tous les États membres de la CEMAC, sur fond de la persistance des tensions sécuritaires dans le Bassin du Lac Tchad et en Centrafrique ainsi que de la crise socio-politique dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, avec pour corollaire une augmentation des dépenses militaires de sécurité et l’afflux des réfugiés et des déplacés.

Au plan extérieur par un ralentissement de la croissance mondiale revenue à 3,6% en 2018 après 3,8% en 2017 ; et une amélioration du cours du pétrole brut passé de 52,8 dollars en moyenne le baril en 2017 à 68,3 dollars en moyenne le baril en 2018. Dans ce contexte, l’économie de la CEMAC dans son ensemble a enregistré un taux de croissance de 1,7% en 2018 après 0,6% en 2017 et -1,5% en 2016. Par pays, le Congo et le Tchad sont sortis de la récession en 2018 suite à la bonne tenue des activités pétrolières dans chacun de ces deux pays. La Guinée Équatoriale, par contre, est restée dans la récession plombée toujours par le déclin de la production pétrolière, en baisse continue depuis quasiment l’année 2013.

Au Gabon, la croissance s’est établie à 0,4%3 en 2018 contre 0,5% en 2017. En revanche, au Cameroun, en dépit de la persistance de la crise  dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest plombant les activités dans les filières banane, caoutchouc et huile de palme, la croissance est repartie à la hausse en 2018 (4,1% en 2018 après 3,5% en 2017 ) grâce à l’augmentation sensible de la production gazière ayant atténué la récession dans le secteur pétrolier, l’accroissement de l’offre énergétique, et la poursuite des travaux liés aux préparatifs de l’organisation de la CAN ainsi que des investissements pour la mise en service de certains grands projets structurants.

La Centrafrique a enregistré un ralentissement de sa croissance (3,8% en 2018 après 4,5% en 2017). L’activité économique a été affectée en 2018 par l’insécurité dans certaines zones rurales plombant les activités agricoles et le secteur minier en dépit de l’accroissement substantiel des dépenses en capital sur financement extérieur et de la reprise des activités dans le secteur tertiaire, la sylviculture et l’exploitation forestière ainsi que la construction.

Concernant l’évolution du niveau général des prix à la consommation, le taux d’inflation annuel moyen de la sous-région est réparti à la hausse dans tous les Etats membres, à l’exception de la Centrafrique, en 2018 pour se situer à 2,2 % après avoir replié en 2017 où il s’est établi à 0,9%. Cette hausse généralisée de l’inflation est en relation avec la bonne tenue de la demande intérieure suite à la reprise de l’activité économique dans la zone et du renchérissement des prix des produits alimentaires en lien avec le redressement des cours du pétrole.

Deux pays de la sous-région, le Gabon et le Tchad, ont enregistré des taux d’inflation au-delà de la norme communautaire (3%). Il s’est établi respectivement pour ces deux pays en 2018 à 4,8% et 4,0% après 2,7% et -1,1% en 2017. S’agissant des finances publiques, la gestion budgétaire a été marquée en 2018 par la poursuite de la résorption du déficit budgétaire, base engagements hors dons, revenu à 1,0 % du PIB contre 4,3 % du PIB en 2017 suite à la hausse de la production pétrolière couplée avec l’amélioration des cours du pétrole brut, et aux mesures de consolidation budgétaire mises en place notamment dans le cadre des programmes économiques et financiers conclus par les États membres avec le FMI. Par pays, à l’exception de la Centrafrique, ce solde a connu une amélioration en 2018 dans l’ensemble des États membres.

Concernant les échanges extérieurs, le déficit du solde des transactions courantes, transferts publics exclus, s’est contracté en 2018 pour revenir à 4,1 % du PIB après 6,8% du PIB en 2017. Cette amélioration a été la résultante d’une forte contraction du déficit budgétaire, d’une augmentation de la production pétrolière et de la bonne tenue des termes de l’échange. Ce solde a connu une amélioration dans l’ensemble des États membres en 2018 à l’exception du Cameroun (3,8% du PIB après 2,9% du PIB en 2017) et de la Centrafrique (18,3% du PIB en 2018 après 16,1% du PIB en 2017).

Au Cameroun, sa détérioration est en lien essentiellement avec la persistance de la crise dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest affectant les exportations de la banane, du caoutchouc et du cacao,  l’importation massive des biens d’équipements pour la construction des infrastructures de la CAN 2021, ainsi qu’à la progression substantielle des importations des produits pétroliers raffinés suite à l’arrêt technique de huit mois observé en 2018 par la Société Nationale de Raffinage pour la connexion des unités de la première phase de son plan d’extension et de modernisation.

S’agissant de la situation monétaire, elle s’est raffermie en 2018 après une détérioration continue depuis l’avènement du choc pétrolier. Elle a connu une croissance positive des avoirs extérieurs nets, des crédits à l’économie et de la masse monétaire en liaison avec un meilleur dynamisme des activités économiques. Par ailleurs, les réserves extérieures en termes de couverture des importations de biens et services ont augmenté pour s’établir à 2,6 mois à fin décembre 2018 après 2,4 mois au 31 décembre 2017 et à fin décembre 2016.

De même, le taux de couverture extérieure de la monnaie s’est accru pour atteindre 61,4% au 31 décembre 2018 contre 57,5% à fin 2017. Par pays, la situation monétaire a connu une évolution contrastée au Congo, en Guinée Equatoriale et au Tchad affichant une baisse de la masse monétaire, en dépit de la forte embellie du secteur pétrolier pour ce qui est du Congo et du Tchad. Concernant la situation du secteur bancaire, la part des créances en souffrance dans le total des crédits bancaires est en augmentation continue depuis l’avènement du choc […]

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