Vera Songwe : La surdouée Camerounaise de la Banque mondiale pour l’Afrique

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Jusqu’ici directrice du bureau Afrique de l’Ouest et centrale de la Société financière internationale (IFC), qui dépend de la Banque mondiale, Vera Songwe a été choisie par António Guterres, Secrétaire général des Nations unies, pour prendre la tête de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA). L’annonce en a été faite depuis les États-Unis, le 13 avril 2017.

La Camerounaise devient désormais Secrétaire général adjoint de l’ONU et Secrétaire exécutif de la CEA. L’économiste de 42 ans prend ainsi la suite    du Bissau-Guinéen Carlos Lopes, démissionnaire depuis le 31 octobre et remplacé de manière intérimaire par Abdalla Hamdok. Une nomination qui nous amène à publier à nouveau la trajectoire de cette brillante camerounaise comme ce fut le cas dans l’édition n°8 du 17 janvier 2017.

Vera Songwe est économiste et dirigeant bancaire qui a travaillé jusqu’ici pour la Banque mondiale. Ce, depuis 1998. Elle n’avait que 23 ans. Elle devient, en 2015, directrice régionale de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale pour la Société financière internationale (Ifc), filiale de la Banque mondiale consacrée au secteur privé. Vera Songwe passe alors au chevet du secteur privé. « Durant ma carrière, j’ai travaillé sur la théorie des prix. Je connais donc bien les marchés du secteur privé », confie-t-elle à Jeune Afrique, avant de préciser, déterminée et consciente de l’ampleur de la tâche à accomplir : « En Afrique, il faut toujours en faire plus : nous avons un retard à rattraper. Mon objectif premier est d’aider l’équipe à répondre rapidement aux besoins formulés. »

Elle entreprend de sillonner les 23 pays placés sous sa responsabilité, d’y rencontrer autorités et chefs d’entreprise, depuis sa base de Dakar au Sénégal. Vera Songwe pense que « le développement, c’est une volonté politique, un leadership et une équipe ». En ce qui concerne le Cameroun, l’IFC est impliquée dans le projet de barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) et dans l’extension de la centrale à gaz de Kribi, dans le sud du pays.

Le magazine Forbes la classe en 2013 parmi les « 20 jeunes femmes les plus puissantes d’Afrique » et l’année suivante, l’Institut Choiseul pour la politique internationale et la géo-économie l’a choisie comme l’une de ses «leaders africaines de demain». Vera Songwe, fille de médecin, faut-il le rappeler – coïncidence historique oblige – a grandi à Bamenda, au nord-ouest Cameroun, où elle a fréquenté le collège Notre-Dame de Lourdes, une école catholique privée, et a donc fait partie de l’élite locale anglophone. Elle a obtenu son doctorat en économie mathématique à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, puis a émigré aux États-Unis, où elle a travaillé à l’Université du Michigan pendant trois ans. Elle obtient un poste de professeur invité à l’université de Californie du Sud.

Femme influente Pour ses débuts, elle accepte un poste travaillant pour la Banque fédérale de réserve de Minneapolis et a simultanément eu une nomination de professeur invité à l’Université de Californie du Sud. En 1998, elle a rejoint la Banque mondiale, où elle a travaillé au sein de la cellule de réduction de la pauvreté et de gestion économique (Prem), couvrant le Maroc et la Tunisie.

Au cours des années suivantes, elle a rempli plusieurs rôles dans l’unité Prem pour l’Asie de l’Est et la région du Pacifique. De 2011 à 2015, elle a été directrice des opérations de la Banque mondiale au Cap-Vert, en Gambie, en Guinée-Bissau et en Mauritanie. A cette occasion, l’on découvrira la forte personnalité de la Camerounaise, qui n’est pas sans conséquence. Elle est remplacée à ce poste en juillet 2015 par Louise Cord.

Selon la presse sénégalaise, les rapports entre Vera Songwe et le Premier ministre, puis le ministre des Finances du Sénégal, n’étaient plus des plus cordiaux. Bien qu’elle soit déchargée de cette mission, Vera Songwe n’est tout de même pas désavouée par sa hiérarchie. A son nouveau poste, même si elle continuera de collaborer avec les autorités gouvernementales, Vera Songwe, qui n’aura plus l’oeil sur la gestion des finances publiques sénégalaises, aura davantage le secteur privé comme principal interlocuteur. Puisque la Sfi est la filiale de la Banque mondiale spécialement dédiée au financement du secteur privé.

En 2011, Vera Songwe a été impliquée dans Africa 2.0, une initiative visant à rassembler les jeunes Africains pour aider au développement économique du continent. Elle est un érudit à l’établissement de Brookings à son initiative de croissance d’Afrique. Forbes l’a classée en 2013 comme l’une des «20 jeunes femmes de pouvoir en Afrique» et l’année suivante, l’Institut Choiseul pour la politique internationale et la géo-économie l’a choisie comme l’un de leurs «leaders africains de demain». En 2014, Africa Business Review l’a décrite comme l’une des «10 meilleures femmes chefs d’entreprise en Afrique». En 2015, elle a collaboré avec le nouveau programme d’entrepreneuriat Tony Elumelu, qui a promis 100 millions de dollars pour les entreprises africaines en démarrage. Elle faisait également partie de la commission Kagame, une équipe de neuf experts mobilisés il y a quelques mois par le président rwandais pour réfléchir à la réforme de l’Union africaine.

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